Mer agitée à très agitée, Sophie Brassignac

Ed. Lattès, 250 pages, janvier 2014, 18 euros

Mer d'huile...


Quatrième de couverture:
"Sophie Brassignac signe un roman plein d'allant, où l'amour et l'humour courent comme un furet entre les membres d'une tribu déjantée."

L'amour certes, l'humour bof, la tribu déjantée passons...


William et Maryline ont transformé la maison familiale bretonne en maison d'hôtes. Finie la vie new-yorkaise, cette "vie de nantis qu'on prenait pour des voyous". Le guitariste d'un groupe de rock très connu et l'ex top-model se sont rangés des paillettes et vivent désormais loin des médias, avec leur fille Georgia , adolescente "aussi vindicative et procédurière qu'un condamné par erreur". Exception faite des quelques crises théâtrales de cette dernière, tout est calme à l'horizon, une mer d'huile. Certes les clients sont un tantinet pénibles, mais Maryline a l'habitude maintenant. William lui, se partage entre la maison et sa bande d'amis: Flag l'hypocondriaque chronique et Edouard Herr, l'antiquaire de la ville, homme étrange aux rêves dangereux.

Un matin, sur la plage, notre héroïne découvre le corps recroquevillé d'une jeune fille. Accident? Meurtre? En tout cas Maryline n'a pas la conscience tranquille car cette nuit là, son mari est rentré ivre et ne se souvient pas de tout... A elle de faire la lumière sur ce qui s'est passé, afin de se rassurer, même si elle reste persuadée que William "est incapable de nuire à qui que ce soit sauf à lui-même".
Dans le même temps, l'enquête policière commence, menée par Simon, le premier amour de Maryline. Leurs retrouvailles les bouleversent. Lui, a mis sa vie amoureuse en suspens depuis sa rupture avec la jeune femme, elle, n'avait jamais oublié cet "ange noir, brutal, addictif et dangereux", son premier vrai amour.

On sent très vite que l'enquête n'est qu'un prétexte et elle est mise au second plan. L'auteure se focalise sur les émotions contradictoires de Maryline qui aime encore William malgré ses failles, ses faiblesses, "parfois fuyant et guindé", mais se sent irrésistiblement attirée par Simon qui lui voue une passion sans bornes:
"Simon était quelqu'un à qui on appartenait ou rien, alors que William n'avait jamais eu aucun sens de la propriété."
Comment éviter l'inéluctable lorsque soi-même on ne fait rien contre?

Mer agitée à très agitée est un roman basé sur le faux-semblant. Le polar est secondaire, au détriment de la passion amoureuse. Or, il n'y a aucune vague déferlante à l'horizon. Les personnages secondaires sont ternes et ne mettent pas en valeur le trio William-Maryline-Simon. A défaut de houle, la mer reste lisse, car le lecteur reste sans cesse à la surface des événements et des émotions. La fin et l'épilogue sont déséquilibrés par rapport à la mise en attente du lecteur. Une phrase ou deux scellent des situations qui ont été mises en place sur plusieurs chapitres...
Enfin, William, le mari un peu paumé et trompé n'a aucun traitement de faveur. On ne connaît jamais le fond de sa pensée, petite marionnette fragile à qui on empêche de quitter son costume de rock star sur le retour.

Finalement, toujours se méfier des quatrièmes de couverture!



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