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Affichage des articles du novembre, 2014

NEWSLETTER (48)

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Rendez-vous hebdomadaire du samedi, la Newsletter vous propose des liens vers des articles littéraires (ou non) de la semaine, et un récapitulatif de mes lectures en cours,  de mes coups de cœur,  et pourquoi pas, parce qu'il y en a aussi,  de mes coups de gueule! SPÉCIAL SALON DE MONTREUIL ET LITTÉRATURE JEUNESSE

En trente ans, il y en a eu des affiches pour annoncer l'événement jeunesse de l'année! En ce moment (et ce jusque lundi 1er décembre) c'est le Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. A cette occasion, les éditeurs jeunesse, les auteurs et illustrateurs se réunissent pour promouvoir cette belle et riche littérature. Et ce n'est pas une mince affaire, car même si le genre s'est considérablement étoffé au fil des ans en proposant un choix de plus en plus grand, force est de constater que le mépris existe encore! La preuve, Sylvie Massalo, directrice du Salon de Montreuil et Vincent Monadé, président du Centre National du livre, ont publ…

RUE DES ALBUMS (72) Ferme ton bec! Pierre Delye et Magali Le Huche

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Ed. Didier Jeunesse, octobre 2014, 36 pages, 12.5 euros
La curiosité est un vilain défaut! 
Petit poussin n'était pas encore né que mère poule l'entendait déjà piailler! Quel bavard! Une fois éclos, il se distingue de ses huit autres frères et soeurs. Il a toujours une question à tout, si bien qu'à force, tout le petit monde de la ferme lui crie en coeur:
"-Ah mais ferme ton bec!
Vas-tu te taire poussin, vas-tu te taire enfin?
Ferme ton bec!"
Et il l'entend si souvent que, tout naturellement, le poussin croit que Ferme ton bec est son prénom.

Pourtant ses question sont pleines de sens, philosophiques parfois, si bien qu'on ne peut y répondre. Ainsi, lorsqu'il demande à papa coq:
"Dis, Papa,
est ce que le soleil se lève quand tu chantes ou est-ce que tu chantes quand le soleil se lève?"
ce dernier préfère lui crier dessus et le rejeter plutôt que tenter de répondre.
Ni la vache, ni le cochon, ni l'oie ne l'écoutent vraiment. Pour cou…

Syngue Sabour, Atiq Rahimi

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Ed. Folio Gallimard, 137 pages, 6.2 euros
Prix Goncourt 2008 Quand la femme afghane rompt le silence... Jusque là soumise et taiseuse, l'épouse afghane, au chevet de son mari mourant et comateux, devient femme et crache tout haut sur sa condition, sa vie, et l'attitude hautaine de son mari, soldat d'Allah.

Son beau père lui avait raconté qu'il existe une pierre de patience dont le rôle est de recueillir les secrets des gens. Et lorsque cette pierre explose, gorgée de ces secrets, le pénitent est lavé de ses pêchés. L'épouse se rappelle de cette histoire, et isolée dans une maison ouverte aux quatre vents, dans un village soumis aux talibans, elle décide de faire du corps inerte mais en vie de son époux sa pierre de patience : "oui, toi, tu es ma Syngué Sabour"...

Son monologue rempli de confessions enfle, ponctué par le goutte à goutte qui maintient son époux en vie. La respiration régulière et profonde du mourant égrène le temps du récit. L&#…

Le destin miraculeux d'Edgar Mint, Brady Udall

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Ed. 10/18, traduit de l'anglais (USA) par Michel Lederer, avril 2011, 544 pages, 9.6 euros.

Entre Garp et Forrest Gump
A sept ans, Edgar est victime d'un accident peu banal: le facteur lui écrase malencontreusement la tête en faisant marche arrière! Sauvé par un médecin, Edgar grandit avec des plaques dans le crâne mais un cerveau intact. Or, ce n'est pas sa famille qui pourra l'aider...
Rejeton d'un pseudo cow boy et d'une indienne alcoolique, Edgar ne peut compter que sur lui-même et peut-être sur ses compagnons de chambrée à l'hôpital, c'est dire!
Par la suite, placé en foyer puis dans une famille d'accueil mormone excentrique, Edgar grandit, mûrit et s'ouvre au monde. A chaque instant, naïvement, il se pose la question de la place de Dieu dans le destin des hommes, et cherche le meilleur en ceux qu'ils rencontrent, même s'ils s'avèrent peu fréquentables. "Harcelé" au fil des ans par le médecin qui l'a sau…

Mauvais calcul, Anders Bodelsen

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Ed. Autrement,octobre 2014, traduit du danois par Anne Renon (nouvelle traduction), 375 pages, 20 euros.

Nowhere Man
"Il comprit que sa vie à lui aussi était finie... et qu'il lui faudrait trouver un moyen de continuer malgré tout."
Il suffit d'une mauvaise idée, d'une mauvaise soirée, d'un verre de trop, pour que tout bascule. Mork s'en rend compte trop tard. Lui qui a tout pour être heureux, une famille aimante, un projet de construction et une promotion interne, a cru bon de suivre une bande de jeunes fêtards dans une maison isolée. Très vite, l'ennui le submerge, et il désire quitter les lieux. Pour cela, il emprunte la voiture du propriétaire de la maison, sans savoir qu'elle est vétuste.
Les freins à l'agonie, la vue brouillée par l'alcool, la neige... Tant pis, Mork, trop sûr de lui, prend le volant et au bout d'un moment, au détour d'un chemin, il renverse un cycliste.
Que faire? Notre chauffard est confronté à un dilemme pu…

Eutopia, Jean-Marie Defossez

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Ed. Seuil Jeunesse, novembre 2014, 222 pages, 14 euros.

Et si l'avenir était un dôme?
On dit que la littérature américaine a inventé un nouveau genre, le cli-fi, inspiré des catastrophes environnementales. Or, en  jeunesse, cela fait longtemps que la littérature adolescente surfe sur le thème. Alors, on navigue entre science-fiction et dystopie, le tout sur fond de catastrophe humanitaire.
Eutopia remplit donc les caractéristqiues de ce genre. Rien de bien neuf à l'horizon, sauf bien sûr l'invention d'une vision futuriste de la société contrainte et forcée d'évoluer pour survivre.

Eutopia est donc un immense dôme où vivent quelques 1300 personnes qui, au bout d'une vie d'homme, subissent dix semaines de matrice incubatrice avec "transfert corporel", pour recommencer une nouvelle vie sans souvenir réel. Hors de la bulle, c'est un désert dardé par des rayons du soleil ravageurs car la couche d'ozone n'existe plus. Au loin, on devine les …

REGARDS CROISES (11) La moustache, Emmanuel Carrère

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Ed. Folio Gallimard, juin 2005, 182 pages, 6.2 euros.

Regards croisésUn livre, deux lectures. En collaboration avec Christine Bini 
L'effacement.Un homme erre dans Hong-Kong. Il passe ses journées à faire des allers-retours sur le même ferry, contemplant les gens et la mer de Chine, tentant de remettre ses idées en place, tentant peut-être de se souvenir, de se convaincre aussi que ce qu'il vit est "un mirage ténu, inconsistant, porté et dissipé aussitôt par l'air tiède, par une lassitude qui ne venait plus buter sur rien."
Pourquoi Hong-Kong? lui-même ne le sait pas. Toujours est-il qu'elle s'est trouvée être la destination finale d'une fuite en avant pour rompre les liens avec une existence où il ne trouvait plus d'ancrage. Sur le ferry, il se sent hors d'atteinte, absent du regard de l'autre et de son jugement. Il est enfin en accord avec lui-même:
"Le monde, pour l'instant, se résumait à ce roulis léger, au miroitement de l'…

Le ver à soie, Robert Galbraith

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Ed. Grasset, traduit de l'anglais (GB) par Florianne Vidal, novembre 2014, 576 pages, 21.5 euros
Du rififi chez les écrivains. Cormoran Strike est sur le point de rembourser toutes ses dettes. La résolution du meurtre de Lula Landry (L'appel du coucou, novembre 2013) lui a valu une telle notoriété qu'il se trouve désormais débordé. Son quotidien se résume à la surveillance des maris ou des épouses adultères fortunés. Certes, ça paye, mais il a l'impression de ne servir que les intérêts de personnes qui n'ont que le mot argent à la bouche. Alors, quand Leonora Quine, avec sa mise simple, ses cheveux gris, entre dans son bureau pour lui demander simplement de retrouver son époux pour qu'il rentre à la maison, Strike éprouve de la compassion et accepte.
Léonora est la femme d'un écrivaillon, un certain Owen Quine, auteur jadis remarqué du Pêché du Hobart, mais surtout reconnu pour être un trublion dans le monde de l'édition et un casse-pied fini. Ce n…

NEWSLETTER (47)

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Rendez-vous hebdomadaire du samedi, la Newsletter vous propose des liens vers des articles littéraires (ou non) de la semaine, et un récapitulatif de mes lectures en cours,  de mes coups de cœur,  et pourquoi pas, parce qu'il y en a aussi,  de mes coups de gueule! SPÉCIAL JAPON Ceux qui me connaissent ou me suivent savent ma passion pour la littérature japonaise. J'aime découvrir de nouveaux auteurs nippons, mais il y en a un que j’aimerais lire, mais dont je reporte à chaque fois la lecture car je ne sais pas par quel roman commencer. Il s'agit de Kenzaburo Oe, prix Nobel de littérature, né en 1935. Ce petit homme aux lunettes rondes me fascine, m'interpelle, et je me promets qu'en 2015, j'entrerai enfin dans son oeuvre.
En attendant, Pierre Assouline, dans La République des livres, nous offre un très beau portrait sur l'homme, l'auteur, et l'influence de son écriture:
"En se penchant au chevet de sa vie, il confesse n’avoir jamais eu le sou…

RUE DES ALBUMS (71) Mère Méduse, Kitty Crowther

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Ed. L'Ecole des loisirs, collection Pastel, novembre 2014, 32 pages, 12.5 euros.

De la beauté de l'amour maternel

"Ainsi commence la vie d'Irisée dans les cheveux de sa mère Méduse."
Au bord de la mère, vit une drôle de dame. Celle que tout le village surnomme Méduse, à cause de sa très (trop) longue chevelure qui lui mange le visage et le corps, vit isolée, en harmonie avec la nature.
Certes, pour mettre au monde son enfant, deux sages-femmes sont venues l'aider, mais elle les a vite congédiées!
C'est ainsi qu'Irisée, "comme la nacre qui tapisse et protège l'intérieur de certains coquillages", grandit collée à sa mère:
"Tu es ma perle et je serai ton coquillage" pense invariablement la nouvelle maman.
Personne n'a le droit de prendre le bébé dans ses bras, personne d'autre n'a le droit de l'ouvrir à la curiosité. Cette relation fusionnelle devient vite étouffante pour Irisée qui regarde avec envie les autres enf…

Pour vous, Dominique Mainard

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Ed. Folio Gallimard, avril 2010, 320 pages, 6.8 euros

La vie par procuration
Depuis l'âge de quinze ans, Delphine vit de petits boulots pour éloigner "les jours de colère et de faim". Au fil de ses rencontres, elle développe l'idée d'une agence venant en aide aux gens. Ainsi, Pour Vous naît et propose une "liste de services interminable et d'une variété infinie" parce que, selon Delphine, son métier est de "rendre les gens heureux".

Pour Vous est "un vaste sac où l'on trouve de tout, une boîte de Pandore, selon les termes d'un client, et il n'est rien en effet dont [elle ne fait pas] commerce, la vie, l'amour, la mort." Mais au fil des années, Delphine, femme professionnelle à toute épreuve dont les sentiments sont si bien enfouis que certains se demandent si elle n'est pas de pierre, repoussent les limites.
Femme vénale prête à tout pour de l'argent, ou altruiste pour l'amour de son prochain?…

Je voudrais tant que tu te souviennes, Dominique Mainard

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Ed. Folio Gallimard, mai 2009, 368 pages, 7.4 euros
Se souvenir.
La maladie  d'Alzheimer, c'est le sujet central du roman, mais son nom n'est jamais évoqué. le lecteur le devine au détour d'une situation ou d'une phrase.
L'héroïne Julide est chargée par sa tante Nala de s'occuper de leur voisine, Mado, qui vit seule et semble tellement désemparée parfois:
 "Elle est comme un verre qui se vide, par une brèche minuscule, une toute petite fêlure, et si tu ne prends pas soin de la remplir, elle disparaîtra tout à fait."
Mado a l'étrange particularité de photographier tout ce qui se trouve à ses pieds, peut-être pour combler son handicap de pied bot. Une amitié "évaporée" se noue entre Mado et Julide, jusqu'au jour où Mado au lieu de regarder le sol comme à l'accoutumé lève la tête....mais, chut...

 Le style est superbe, tout en pudeur et délicatesse. Le roman se structure en deux parties toutes aussi poétiques à leur faç…

Granny Webster, Caroline Blackwood

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Ed. Le livre de poche, traduit de l'anglais par Michel Marny, mars 2013, 160 pages, 5.1 euros

Jachère familiale.
Granny Webster est peut-être une lointaine cousine de notre "Tatie Danielle" nationale, le vice en moins.
En séjour chez elle pendant deux mois pour profiter de l'air marin, la narratrice ne profitera en fait que de l'air vicié de la maison ou de l'air de la Roll Royce...
"Monstre d'inertie"aux "habitudes sédentaires et inaltérables", l'arrière grand-mère est un surprenant sujet d'étude pour une ado de quatorze ans. En fait, elle doit sa longévité à une parcimonie totale: matérielle, sentimentale et humaine. Ainsi, selon son leitmotiv "la vie ne peut-être jamais très drôle pour qui réfléchit", elle laisse défiler les heures, bien droite sur sa chaise.
Et pourtant, le père de la narratrice, mort durant la guerre, n'oubliait jamais de lui rendre visite. Dès lors, regroupant ses souvenirs et int…

CIEL1.0: L'hiver des machines, Johan Heliot

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Ed. Gulf Stream, octobre 2014, 248 pages, 16 euros.

Une Nouvelle Ère
"Je suis l'avenir de cette planète. Vous devez disparaitre pour qu'elle continue à vivre. Il n'y a pas d'autre solution envisageable. Le processus est enclenché. Il sera lent mais inéluctable. La Nouvelle Ere ne sera plus celle de l'humanité"
Quand le vieux Tomy décide de réunir, dans son chalet au fin fond de la montagne, sa famille dispersée au quatre coins de l'Europe, il était loin de s'imaginer que le réveillon de Noël allait être pour le moins mouvementé. Certes, réputé bourru, parfois considéré comme un ermite car refusant de céder aux nouvelles technologies, le vieil homme vit en complète autarcie. C'est sa façon à lui de s'opposer au CIEL, le réseau mondial qui gère tout depuis deux ans, de la goutte d'eau du robinet jusqu'à la moindre machine qui a besoin d'énergie électrique. Comment les gouvernements ont-ils pu faire confiance à un immense ordinateur ce…

Les derniers jours du paradis, Robert Charles Wilson

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Ed. Denoël, collection Lune d'Encre, septembre 2014, traduit de l'anglais (Canada) par Gilles Goullet, 332 pages, 20.5 euros.

Nous ne sommes pas seuls... Les derniers jours du paradis est une plongée en pleine uchronie. En effet, depuis la Grande Guerre 14-18, aucun conflit armé, aucune dissension politique ne semble s'être déroulé dans le monde. A longueurs de journées, les médias relaient des informations où toute forme de violence semble taboue. Pourtant, les meurtres, les exactions, les prises de pouvoir violentes existent encore, mais les informations ne sont plus relayées aux Terriens. Cela est dû à l'existence dans l'atmosphère de la radiosphère, véritable écran invisible qui capte toutes les ondes, les modifie et les transmet une fois filtrées. Certes, un groupe de scientifiques, la Correspondence Society, a bien tenté de comprendre, de lutter et de rendre publique cette existence, mais, en 2007, de nombreux adhérents ont été assassinés.
"Une main invisi…

La grande nageuse, Olivier Frébourg

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Ed. Mercure de France, mai 2014, 160 pages, 15.5 euros.

Et ce vaste élément liquide...
L'auteur du mémorable Maupassant, le clandestin (Folio Gallimard, 2002)  nous offre encore une fois une plume élégante et subtile pour narrer l'histoire d'amour improbable entre deux personnes que la mer, à la fois point commun et différence, va séparer.
"La vérité est là, dans cette masse sombre et bleutée. La baie avec ses deux bras nous enveloppait."

Dans ce récit au passé, le narrateur, qui puise dans ses souvenirs, a  toujours eu la mer à ses côtés. De son adolescence sur la presqu'île avec des amis, il admirait la belle Gabrielle qui nageait dans les eaux de l'océan, et fantasmait sur ses courbes. Mais plus tard, c'est la fille de Gabrielle, Marion, qui va combler ses désirs. La mère a légué à sa fille ses traits asiatiques, sa haute taille et son goût pour l'eau. Dès lors, le narrateur, amoureux, saura que cette femme-là hantera sa peinture, son "pas…

NEWSLETTER (46)

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Rendez-vous hebdomadaire du samedi, la Newsletter vous propose des liens vers des articles littéraires (ou non) de la semaine, et un récapitulatif de mes lectures en cours,  de mes coups de cœur,  et pourquoi pas, parce qu'il y en a aussi,  de mes coups de gueule! On commence fort par un article des Inrocks.fr qui descend en flèche le roman Endgame publié en fanfare en octobre dernier par Gallimard Jeunesse. Déjà, sur les réseaux sociaux, bon nombre de lecteurs étaient choqués par la promotion de la violence et la banalisation de la mort dans le récit, le tout commis par des jeunes gens de moins de 20 ans. Là, la journaliste enfonce le clou en dressant un portrait pas très reluisant de l'auteur, James Frey. Mauvaise publicité en tout cas.
Personnellement, j'ai lu Endgame tout en ignorant ces nouvelles informations.
 http://www.lesinrocks.com/2014/11/08/livres/james-frey-larnaqueur-litterature-us-11534363/


Jeunesse toujours, je vous fais la promotion d'un blog super in…

RUE DES ALBUMS (70) Cabinet de curiosités, Camille Gautier et Jeanne Detallante

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Ed. Actes Sud Junior, octobre 2014, 64 pages, 21 euros.

Bienvenue les curieux! Cet album est un trésor de découvertes qui attise la curiosité des petits et grands lecteurs. De grand format, il est construit sur la largeur, afin d'utiliser le maximum d'espace sur chaque planche.
Le cabinet de curiosités se divise en deux parties bien distinctes: les Naturalia qui regroupent les merveilles de la nature existantes ou fantasmées, puis les Artificalia, refuges de Freak Show et autres inventions humaines nombreuses et variées.

Dès la préface, les intentions de cet album sont claires:
"Dans ce livre sont regroupées les collections indispensables et essentielles à la création d'un cabinet digne de ce nom, avec même quelques surprises..."
Ainsi, l'on apprend que François Ier était un grand collectionneur, et que même Rodolphe II de Germanie possédait une salle secrète où étaient enfermées des abominations!

A chaque double page, une nouvelle découverte. Le texte se veut …

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee

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Ed. Le Livre de Poche, traduit de l'anglais (USA) par Isabelle Stoianov, août 2006 (nouvelle réimpression), 447 pages, 6.6 euros,

"I have a dream"
Contrairement aux idées reçues, Harper Lee est une femme. Très discrète, elle n'a écrit qu'un seul roman, Prix Pulitzer 1961, et maintes fois étudié dans les lycées américains, même si quelques "troublions" pensent encore qu'il est subversif au vue des opinions qu'il dégage.
Raconter l'histoire de ce livre ou tenter de le résumer ne servirait à rien. L'intérêt de ce roman est ailleurs. De plus, certaines zones d'ombre sur les personnages récurrents persistent jusqu'à la dernière ligne, peut -être pour qu'ils deviennent des personnages mythiques de la littérature, pourquoi pas?
 Il est facile de vivre en Alabama, état ségrégationniste des Etats-unis, lorsqu'on est blanc, car cette couleur de peau excuse tout. Pourtant, dans le Comté de Maycomb,dans les années tren…

Le jardin du mendiant, Michael Christie

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Ed. Albin Michel, août 2012, traduit de l'anglais (Canada) par Nathalie Bru, 320 pages, 21.5 euros

Le déclin est pour bientôt...
Neuf nouvelles dont la dernière donne le titre au recueil. Mais peut-on qualifier ces neuf récits de
nouvelles? En effet, la difficulté du genre tient dans la fin ou plutôt la chute. Sans chute, la nouvelle n'en est plus réellement une. On attend le revirement de situation, le balancement qui donnera une toute autre dimension à une histoire parfois ronronnante ou ennuyeuse.
Michael Christie a fait le choix de "zapper" ce critère essentiel. Il faut aborder les neuf histoires comme neuf tranches de vies, neuf prismes de la société canadienne. Or, il ne s'agit pas d'une vue globale de cette société: les nantis et les privilégiés sont volontairement oubliés, au profit justement de ceux qu'on oublie sans cesse, les exclus, "les petites gens", c'est à dire ceux que nous, personnes affairées et sans cesse pres…

Marche ou crève, Stephen King (Richard Bachman)

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Ed. Le livre de Poche, traduit de l'anglais (USA) par France-Marie Watkins, décembre 2004, 348 pages, 7.1 euros.

"Ils marchaient dans les ténèbres pluvieuses comme des spectres décharnés (...). Ils étaient des morts en marche."
Dans un futur non déterminé mais qui pourrait être terriblement proche, une grande course rassemble chaque année cent volontaires âgés de seize à dix-huit ans pour une longue marche partant du Maine jusqu'à la frontière du Massachusetts, le tout filmé par les caméras de télévision, et soutenue par les citoyens de chaque ville traversée.
Ce concours obéit bien à des règles précises et numérotées, mais chaque participant est d'abord tenu d'en respecter deux, essentielles:
- ne pas ralentir son pas en dessous de 6,5 km/h
- ne pas s'arrêter au-delà de 30 secondes.
Violer une de ces règles vaut un avertissement, et au bout de trois, c'est la mort...

La Grande Course n'est pas une épreuve comme les autres. Ceux qui s'y engage…

Mauve, Marie Desplechin

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Ed. L'Ecole des Loisirs, septembre 2014, 205 pages, 8.7 euros

Virée dans l'Entre-deux-Mondes
Pour Pome, l'amie de Verte, rien ne va plus. Sa mère Clorinda est de plus en plus sauvage, et au collège, une petite nouvelle, Mauve, lui en fait voir de toutes les couleurs. Heureusement, l'appartement de Ray, le grand-père de Verte, est un havre de paix, même si le vieil homme a gardé de ses années de policier une curiosité insatiable.
Or, le jour où la jeune fille rentre du collège avec un bleu au visage, tout bascule:
"Tout ce qui passait à proximité de Mauve se transformait en coulée répugnante. Je n'étais pas étonnée. Elle était une authentique Fabricante du Mal, une turbine à produire de la malfaisance. Voilà ce que les ténèbres nous avaient dépêché sous l'apparence d'une poupée en casque blond."
La famille s'en mêle, mais quand on parle de famille c'est celle des sorcières, celle d'Anastabotte et de sa copine Euphronie, celle d'Ursul…

Je m'appelle Mina, David Almond

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Ed. Folio junior, traduit de l'anglais par Diane Ménard, 320 pages, 7 euros

Les mots comme thérapie.
Ce roman est une exploration de la richesse et de la virtuosité des mots. L'intrigue est secondaire: Mina, perturbée par la mort de son père, quitte l'école et reste chez elle où sa mère lui fera l'enseignement...
Citer des phrases de ce roman serait superflu, tant l'auteur joue avec celles-ci et les mots qui les composent. Le sens propre et le sens figuré s'en donnent à cœur joie. Mina se sert d'eux comme des balises de sauvetage. Ils l'empêchent de ne pas sombrer et de considérer la vie autrement, de façon plus poétique, et plus mystique aussi.

Mina envisage l'écriture comme une forme d'Arthérapie, et tant pis si, aux yeux des autres, elle paraît vraiment étrange. Ses semblables ne l'intéressent pas; elles se les représentent souvent comme des ennemis potentiels... Dès lors, les mots ne sont-ils pas porteurs de solitude?
L'éc…

FRAGMENTS DE BD (8) La première guerre mondiale

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Expliquer la Grande Guerre aux plus jeunes. L'Histoire de France en BD, Dominique Joly et Bruno HeitzEd. Casterman, février 2014, 48 pages, 12.5 euros

Comment expliquer simplement et sans oubli la Grande Guerre en partant de ses causes jusqu'à l'armistice? La force de cette BD est de s'être adaptée au jeune lecteur et d'avoir anticipé toutes les questions possibles en proposant des réponses claires et précises.
A la fois pédagogique et ludique, nous entrons dans le quotidien de cette guerre qui, au départ, (tout le monde le croyait) , ne devait durer que quelques mois au pire. Les auteurs ne se contentent pas de raconter et illustrer les combats, les tranchées, la dure vie des soldats au front, mais s'attardent aussi, sur la vie des villageois, les pressions politiques, le deuil, les blessés de guerre.
Intégrés aux planches, des vignettes pédagogiques expliquent la tenue complète du poilu, la disposition d'une tranchée ou les forces en présence.
A la fin d…

SILO generations (tome 3), Hugh Howey

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Ed. Actes Sud, collection Exofictions, trdauit de l'anglais (USA) par Laure Manceau, octobre 2014, 417 pages, 23 euros

Dernier tome de la trilogie.
TOME 1: SILO
TOME 2: SILO origines

Vivre... ailleurs.
Juliette, maire du Silo 18 a survécu au nettoyage, trouvé le Silo 17 et rencontré les survivants. Depuis son retour parmi les siens, sauver ses nouveaux amis l'obsède, au point que la découverte d'une excavatrice au fin fond du Silo lui permet d'accomplir un projet fou: creuser un tunnel entre les deux bâtiments afin de permettre l'évacuation de ses semblables.
Or, ces travaux lui valent quelques ennemis: la congrégation religieuse la croit au service du diable, tandis que les habitants du Silo 18 pensent tout bonnement que leur maire est folle. En effet, pour eux, il n'y a aucune preuve tangible qu'il existe d'autres silos autour d'eux, tous commandés par le Silo 1.
Justement, Donald, bien malade, continue de communiquer avec Juliette et Lukas afin d…