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Articles

Affichage des articles du avril, 2015

Incandescences, Ron Rash

Ed. Seuil, collection Cadre vert, avril 2015, traduit de l'anglais (USA) par Isabelle Reinharez, 208 pages, 20 euros.

Superbe!
Que le temps de la nouvelle ait lieu durant la Grande Dépression, de nos jours, ou pendant la Guerre de Sécession, Ron Rash décrit une humanité touchée par la rudesse de la vie, la pauvreté, prête à tout pour obtenir quelques pièces afin d'oublier, l'espace d'un shoot à la crystal meth, la précarité de leur existence.
Souvent, les enfants apparaissent les victimes sacrificielles: c'est une petite fille voleuse et mangeuse d’œufs avec la coquille (Les Temps difficiles), un gamin, Jared, qui s'invente des aventures dans une carcasse d'avion enneigée afin d'oublier ses parents défoncés à la drogue (L'Envol), ou encore  un bambin touché par un virus étrange (Un oiseau de malheur).

Au fin fond des Appalaches, même si le monde moderne est parvenu aux portes des fermes, les croyances rurales restent fortes. Le hibou aperçu devant …

Devenir une légende, Timothy S. Lane

Ed. Stock, collection La Cosmopolite, mars 2015, traduit de l'anglais (USA) par Françoise Adelstain 380 pages, 21.5 euros.

Renaître
Par un habile jeu de retours en arrière, Timothy S Lane raconte l'histoire d'une famille singulière, à la fois brisée par les tragédies familiales et par leur amour du basket, dans une petite ville américaine gangrénée par son penchant sans cesse renouvelée pour les rumeurs les plus perfides.

Todd Kirkus avait un avenir prometteur au sein de la NBA. Star des "Pêcheurs" de Columbia City, coach, joueurs et supporters comptaient sur lui pour ramener une première place de championnat à l' équipe. Or, c'était sans compter sur le moral de leur petit protégé. A force de pressions, d'attention, et une petite amie qui lui annonce une grossesse non voulue, Todd craque et se fait prendre ivre mort par son entourage. Fin de carrière.

deux décennies plus tard, c'est son fils Jimmy Kirkus qu'on retrouve seul, dans le noir, dan…

REGARDS CROISES (15) Histoires assassines, Bernard Quiriny

Ed. Rivages, mars 2015, 240 pages, 18 euros.

Regards croisésUn livre, deux lectures. En collaboration avec Christine Bini  Les personnages de Bernard Quiriny sont des gens sérieux, souvent cultivés, qui tentent toujours de trouver une explication rationnelle à un événement qui ne l'est pas. Qu'ils soient anthropologue, médecin, banquier ou marin, chacun, lorsqu'il est en proie au doute ou face à une action qui leur échappe, tente de s'accrocher à la réalité.
Contrairement au titre, les vingt et une nouvelles ne sont pas toutes des histoires de meurtre. Elles sont avant tout le récit d'un basculement qui peut être d'origine variée: la découverte d'une nouvelle passion comme celle de Peter dans Le grand collier argenté, l'existence d'une double personnalité comme dans Bartleby  ou le nouveau Landru, ou encore une idée fixe trop envahissante dans Histoire sans tête.
Cependant, toutes sans exceptions, affirment le désir d'un glissement vers une autre …

Trois fois dès l'aube, Alessandro Baricco

Ed. Gallimard, collection Du Monde Entier, février 2015, traduit de l'italien par Lise Caillat, 128 pages, 13.5 euros.

A l'heure où blanchit la campagne...
Homère l'appelait l'aurore aux doigts de rose, ce moment suspendu où la lumière paraît, unique, vierge d'une nouvelle journée qui s'annonce, promesse d'un renouveau.
Justement, c'est ce qui lie ces trois paires de personnages, le désir d'un recommencement. Après avoir grandis et vécus dans la pénombre causée par les tragédies de la vie, ils rêvent d'autre chose, d'autres cieux, d'autres gens à rencontrer.
"Changer de cartes est impossible, on ne peut changer que de table de jeu."
Rayer notre passé est en effet impossible. On vit avec, il est ancré en nous, et même les plus puissants psychotropes ne pourraient les effacer. Un deuil, un enfant non désiré, un amour malheureux sont autant de parcours chaotiques, antithèses d'une promesse de vie sereine.
"Elle dit que pre…

RUE DES ALBUMS (96) Ralf, Jean Jullien et Gwendal Le Bec

Ed. Seuil Jeunesse, mars 2015, 55 pages 13.5 euros.

Un teckel dans la nuit
Ralf le teckel adore ses maîtres et les suit partout, même au lit! Seulement Ralf est trop collant, au point de devenir un obstacle pour les pieds de ceux qui vivent avec lui.
Simplement, personne ne semble se rendre comte que vivre avec "un très long corps qui s'emmêle partout" n'est pas facile. Alors, il entend sans cesse "ne reste pas dans mes pattes!", et, dépité, retourne rejoindre sa niche dans le jardin.

Pourtant, avoir un chien quel qu’il soit, a aussi des avantages. Sa fidélité est sans faille. Une nuit Ralf voit et sent de la fumée qui sort de la maison. Il va développer des stratégies incroyables pour sauver sa famille de l'incendie qui se propage, quitte à transformer sa silhouette en physique improbable!
"Ralf court chercher de l'aide. Son corps s'étire comme du caoutchouc."

L'histoire est simple, servi par des illustrations en "gros trait…

FRAGMENTS DE BD (11) Les promeneurs sous la lune, Zidrou et Mai Egurza

Ed. Rue de Sèvres, mars 2015, 72 pages, 14 euros.

ZZZZZZZZZZZZ.............  La gamine Morphée (eh oui cela ne s'invente pas!) dit à sa maîtresse que plus tard, elle veut être bergère de somnambules, car, depuis quelques semaines, elle compte les hommes et les femmes qui passent devant sa lucarne située sur les toits de la ville, une fois la nuit tombée.
Tous sont atteints de somnambulisme et déambulent sur les toits pour rejoindre des voisins ou de parfaits inconnus...

Plusieurs fois,Napoléon Cavallo, le flic suspendu de ses fonctions, s'est réveillé dans le lit de Linh Yu, jeune fille d'origine chinoise et aux rondeurs pulpeuses. Pourtant, à force, Linh a bien vérifié qu'elle s'était barricadée dans sa chambre, mais rien n'y fait, le jeune homme au pyjama improbable termine sa nuit à ses côtés.
Soucieux de guérir, il se rend à l'hôpital où il apprend incrédule que son cas n'est pas unique. Il s'agit en fait d'une véritable épidémie. Dès lors,…

Le blues du troglodyte, Kenneth Cook

Ed. Autrement, mars 2015, traduit de le l'anglais (Australie) par Mireille Vignol, 294 pages, 19 euros.

Monologue d'un looser.
Auteur devenu culte en Australie à l'âge de 32 ans avec son romans Cinq matins de trop, Le blues du troglodyte est le dixième roman de Kenneth Cook qui est édité chez Autrement, et le premier que je lis.

Construit en forme de monologue intérieur, le récit raconte les déboires de Simon Crown, animateur radio, alcoolique invétéré qui se promet chaque jour de ne pas boire, chaste par la force des choses depuis son divorce, mais dont surtout la devise est:
"La vie n'est qu'une série d'accidents, les cartes de chance et de malchance sont distribuées au hasard par une main qui n'obéit à aucune forme logique."
En tout cas, à force de mauvais placements et de malchances ses dettes sont en train de creuser sa tombe. même son copain banquier, partenaire de bar, ne peut plus rien pour lui. De toute façon, les perspectives sont étroit…

Ciel, 2.0: Le printemps de l'espoir, Johan Heliot

Editions Gulf Stream, mars 2015, 227 pages, 16 euros.

Courber l'échine.
Dans l'hiver des machines, nous avions quitté la famille de Peter Keller dans la tourmente du Big Bug provoquée par la révolte informatique. Désormais, le réseau mondial, le CIEL, est dirigé par une pensée artificielle dont l'objectif est d'asservir la race humaine.

Ce tome 2 utilise le même schéma narratif. Grâce à une structure chorale, nous suivons les aventures de Thomas, Jenny, Sarah, Peter et Tomi, qui n'ont pas encore réussis à se retrouver et tentent, en attendant, de s'opposer au nouvel ordre mondial.
Désormais, les être humains ont bien compris que la société telle qu'il la connaissait l'hiver dernier est révolue. Ils ne sont plus désormais que de la main d’œuvre identifiée par un triste code barre au dos de leur chemise grise, qui n'est pas sans rappeler un certain tatouage à l'avant bras. Justement, l'auteur multiplie les parallèles avec les sombres heures d…

Dans la colère du fleuve, Tom Franklin et Beth Ann Fennelly

Ed. Albin Michel, collection Terres d'Amérique, traduit de l'anglais (USA) par Michel Lederer, mars 2015, 432 pages, 22.9 euros.

Un avant goût du déluge.

1927. Le fleuve en colère, c'est le Mississippi, qui menace d’inondation toutes les bourgades cotonnières et céréalières du Sud. Des digues de fortune de plus de six mètres se dressent à l'entrée des villes, remparts inutiles contre la violence de la nature dont la seule utilité est de repousser l'échéance...
Mais les eaux tumultueuses ne sont pas les seuls ennemis des hommes. Depuis la Loi Volstead ayant instauré la Prohibition, l'alcool de contrebande est devenu un moyen sûr de faire fortune et s'assurer les bonnes grâces de personnes influentes. Même si des agents du fisc passent leur temps à rechercher les bootleggers, rien n'y fait, un véritable marché parallèle s'épanouit et prospère:
"Au bout du compte, ce n’était qu'une autre guerre. Une guerre contre ceux qui se croient au dessus d…

Le Château: les Ferrailleurs,1, Edward Carey

Ed. Grasset, mars 2015, traduit de l'anglais par Alice Seelow, 464 pages, 22 euros.
Avec des illustrations de l'auteur.

Sur un tas d'ordures...
"Le répugnant et le malodorant, le brisé, le fêlé, le rouillé, l'usé, l'endommagé, le puant, le laid, le toxique et l'inutile, nous les aimions tous (...) Nous sommes les rois de la pourriture et de la moisissure (...) Nous sommes les nababs de la putréfaction."

La famille Ferrayor a racheté toutes les dettes de Londres, a récupéré aussi toutes ses ordures, et a construit son immense château avec des pans entiers de maisons londoniennes. Elle pourrait vivre dans le luxe, l'élégance, et la richesse, ou voyager à travers le monde, mais tous les membres vivent ensemble dans la même demeure rafistolée qui domine su unr océan de détritus, "au milieu de nulle part, dans un no man's land hérissé de débris hétéroclites. Le lieu n'est indiqué sur aucune carte. Nous sommes carrément emmurés."
Le li…

RUE DES ALBUMS (95) Papa hérisson rentrera-t-il à la maison? Nicolas Hénin et Pierre Torres.

Ed. Flammarion Jeunesse, mars 2015, 30 pages, 13.5 euros.

Être loin des siens.
En captivité souvent pendant des mois dans des conditions très difficiles, les otages développent des stratégies mentales pour ne pas perdre pied. Récemment, un néerlandais enlevé dans le nord du Mali a expliqué que, chaque jour, invariablement, il refaisait les plans de sa maison mentalement, ou sous forme de maquette avec les matériaux qu'il trouvait.

Nicolas Hénin et Pierre Torres ont été enlevés en Syrie en juin 2013 et libérés en avril 2014. Pendant tout ce temps, ils ont tenu psychologiquement en se racontant des histoires et des anecdotes, moyen pour eux de libérer leur esprit à défaut du corps.
Pierre Torres, naturaliste convaincu,a raconté un jour à son compagnon de captivité toute la détermination parfois des animaux à parcourir des kilomètres pour retrouver leur maître. Ainsi est née l'histoire de ce papa hérisson, embarqué par inadvertance dans un panier à pique-nique, et déterminé à re…

Envole-toi octobre, Virginie Troussier

Ed. Myriapode, octobre 2014, 300 pages, 21 euros.

Quand la vie se fait chaos.
"La mémoire fusille. Elle transforme en mélancolie d'automne, en mélodie de Vivaldi (...) Le vide a une forme, un volume."

Suzanne est l'incarnation du "trop": trop plein d'émotion, trop plein de désir, trop plein d'attentes, trop plein de souvenirs. Elle aborde la trentaine, mais dans sa tête, elle est beaucoup plus vieille. Elle aime la vie, mais cette dernière lui donne trop d'obstacles à franchir avec sa frêle carcasse.

Suzanne s'est construite grâce ou à cause des hommes de son entourage. Son grand-père Lucien est un modèle car il "est hors du temps, hors catégorie, dans la mort, il a trouvé la vie, la foi, l'absolu", son père est celui pour qui elle veut réussir, Antoine, un ex-petit ami, est celui qui lui a appris à vivre à foncer sans se retourner. D'autres amants, d'autres amis ont traversé sa vie, et, par leur présence, leur rapport …

Ma mémoire assassine, Kim Young-ha

Ed. Philippe Picquier, traduit du coréen par Mélanie Basnel et Lim Yeong-Hee, mars 2015, 160 pages, 17 euros.

 Qui suis-je?
Avant son accident de voiture il y a vingt cinq ans, Kim Byeong-su avait une vie bien remplie de tueur en série, mais le plaisir de tuer s'est envolé après son opération au cerveau.
Depuis, il coule des jours heureux en compagnie de sa fille adoptive Eun-Hee jusqu'au moment où, l'année de ses soixante dix ans, on lui annonce qu'il est atteint de la maladie d'Alzheimer:
"Savoir que je peux mourir sans souffrir est ma seule consolation. Avant de partir pour l'au-delà je deviendrai complètement idiot au point d'ignorer qui je suis."
L'enregistreur vocal et le carnet de notes sont désormais les compagnons fidèles de son quotidien. Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Il se rend compte que sa mémoire est de plus en plus poreuse:
"Je ne sais plus où j'en suis. En perdant la mémoire, mon esprit perd aussi mon …

Génération robots: le rêve devient réalité, Natacha Scheindauer et Séverine Assous

Ed. Actes Sud Junior, mars 2015, 70 pages, 15,5 euros.

 Mais qui sont-ils réellement?
 2015. Les robots sont parmi nous, au quotidien, sans pour autant en avoir vraiment conscience. Où sont ces machines extra-intelligentes qui nous ressemblent comme des frères au point d'être incapables de les différencier des Humains. En 1982, l'excellentissime Blade Runner de Ridley Scott, mettait en scène un monde où des robots, appelés Répliquants, revendiquaient posséder une âme. Le film se situait à Los Angeles... en 2012!

La Science-Fiction adore jouer avec les peurs, et les robots en font partie. Dans notre culture, la robotique est considérée comme un mal nécessaire mais qu'on doit apprivoiser pour lui éviter de devenir autonome. Par contre, en Orient, développer l'intelligence humanoïde est une science qui ne pose aucun problème...
Depuis l'Antiquité, l'homme n'a de cesse de vouloir inventer des machines; du Golem des hébreux au Pygmalion vivant grâce au souffle d…

Lune noire, Kenneth Calhoun

Ed. Actes Sud, collection Exofictions, traduit de l'anglais (USA) par Alain Défossé, mars 2015, 319 pages, 22 euros.
Cauchemar éveillé
L'idée de frapper l'Humanité d'une infirmité collective n'est pas nouvelle. Déjà, José Luis Saramago, Prix Nobel de littérature, punissait les hommes en les privant de la vue dans L'aveuglement (Points, 2008) ou les privait de la mort dans Les intermittences de la mort (Points,2009). Comme dans Lune noire, l'origine du mal est obscure, et la question religieuse absente.

Chez Kenneth Calhoun le fléau a un goût d'insomnie paroxystique: la population ne dort plus, à de très rares exceptions près, et les malheureux qui arrivent encore à trouver le sommeil sont obligés de se cacher pour ne pas être lynchés.
Alors qu'il n'y a aucun dérèglement climatique, la nuit ressemble désormais au jour, l'ordre urbain est "métamorphosé en collages hasardeux", les villes ressemblent à des camps retranchés où errent de…

Billet d'humeur (10) Le blues de la lectrice-blogueuse

"Rien ne sert de courir, il faut partir à point" si on en  croit La Fontaine dans Le lièvre et la Tortue. Alors, j'ai pris mon temps, la quarantaine aidant, de peser le pour et le contre, à savoir si oui ou non j'ouvrais un blog littéraire. Depuis, dix-huit mois ont passé et je ne regrette rien. Je prends toujours autant de plaisir à écrire mes articles le week end quand la maisonnée dort encore. Écrire mes compte-rendus de lecture, c'est aussi jouer avec les mots, s'exercer à un style bien à soi, tenter d'aller au plus près de son ressenti et le partager.
Avec le temps, je me suis efforcée de rester fidèle à mes goûts littéraires, à ne lire que ce qui me plaît et non pas ce qu'on me demande de lire, histoire de faire de la pub. Parfois, c'est vrai, je me suis laissée prendre au jeu des réseaux sociaux, mais en épargnant mon blog, car lui, je ne le veux que personnel, intime et littéraire.

Pourtant, le blues de la lectrice-blogueuse m'envahit.…

RUE DES ALBUMS (94) Comment nous sommes allés sur la lune, Pénélope Jossen

Ed. L'école des Loisirs, mars 2015, 40 pages, 12.7 euros

Comment expliquer simplement un moment exceptionnel de l'Histoire de l'Humanité? Cet album s'y emploie en racontant étape par étape le voyage d'Apollo 11 et de ses spationautes vers la Lune.
Neil Armstrong est le narrateur improbable de ce récit. En héros si discret qu'il était, il s'efface au profit de ses collègues et des explications techniques. Attention, les phrases employées sont simples, didactiques. Chaque terme, chaque manœuvre est expliquée avec le plus grand soin, comme pour montrer que cette aventure humaine a d'abord été possible grâce à d'importantes innovations technologiques.
La fantaisie n'a pas de place. Le ton est sérieux, docte. Les couleurs restent dans le thème, et les illustrations "schématisent" à la perfection les explications données. Ainsi, les petits curieux et les amoureux de l'espace y trouveront leur compte.

Comment nous sommes allés sur la Lune

FRAGMENTS DE BD (10) Le sculpteur, Scott McCloud

Ed. Rue de Sèvres, traduit de l'anglais (USA) par Fanny Soubiran, mars 2015, 485 pages, 25 euros.
ROMAN GRAPHIQUE

Pacte faustien
David Smith n'a pas la trentaine et n'est déjà plus un sculpteur en devenir. Il a connu la gloire, l'argent et la reconnaissance de ses pairs, mais sa soif d'honnêteté et d'absolu ont fait qu'il a tout torpillé. Désormais, il erre, telle une âme en peine, dans les rues de New-York à la recherche de l'inspiration. Car avec le succès, la création s'est envolée. Il se sent incapable de créer quelque chose de potable. Pourtant, les idées foisonnent, la rue fournit de très bonnes pistes créatives, mais, au moment de passer à l'acte, David reste pétrifié devant son bloc de granit.
Son meilleur ami et agent artistique Ollie le soutient encore, mais il est difficile d'épauler un artiste qui ne croit plus en rien.

"La conscience ne peut concevoir sa propre absence. Pas sans une petite aide.(...) Encore une fois, David.…

L'art d'écouter les battements de coeur, Jan-Philipp Sendker

Ed. Le livre de poche, traduit par Laurence Kiefé (à partir de la version anglaise) mars 2015, 336 pages, 6.9 euros.

Un cœur birman.
Le titre bat à l'unisson avec le contenu de ce roman. Chaque battement est un appel à la sagesse, au bonheur d'aimer et d'être aimé.
Tout débute par une disparition: un brillant avocat de Wall Street, d'origine Birmane, disparaît sans laisser d'adresse, laissant une épouse et deux enfants. Tin Win a disparu, sans laisser le moindre indice. Cela fait quatre années que Julia, sa fille, tente de comprendre ce drame, mais sa mère s'est réfugiée dans le silence, comme si elle avait toujours su que son mariage terminerait ainsi. C'est en rangeant de vieux papiers de son père que Julia découvre un nom et une adresse en Birmanie: une certaine  Mi Mi à Kalaw.
"Quelque facette inconnue de mon père pouvait très bien se cacher le mystère de ces vingt années depuis longtemps enfuies, une facette qui nous avait toujours échappé, à nous…

Mimsy Pocket et les enfants sans nom, Jean-Philippe Arrou-Vignod

Ed. Gallimard Jeunesse, mars 2015, 336 pages, 14.9 euros.

Un vrai roman d'aventures.
Nombreux sont les enfants qui errent dans la ville basse de Frieke, capitale de la Sillyrie. Très tôt, ils ont appris à survivre au jour le jour, à se protéger du froid, et se méfier de ceux "qui ne sont pas comme eux." Quelques uns traînent en bande, se protègent les uns les autres. C'est l'un de ces groupes qu'a rejoint la jeune Mimsy Pocket, mais depuis quelques jours, tous ont l'air de s'être évaporés. Pourtant, ces gamins de rue n'intéressent personne, sont transparents même pour certains, jusqu'au jour où, "des hommes-loups" enlèvent ces petites ombres. Mimsy fait partie des victimes. Malgré sa défense, elle se retrouve prise au piège, et rejoint, avec les siens un drôle de wagon qui va les emmener au fin fond de la Sillyrie, vers une datcha appartenant à une mystérieuse dame noire...

Dans le même temps, rien ne va plus pour Magnus Million. Lu…