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En beauté, Hoon Kim

Ed. Philippe Picquier, novembre 2015, traduit du coréen par Yumi Han et Hervé Péjaudier, 78 pages, 12 euros.

Étrange 


Le récit commence par un drap qui recouvre le corps d'une défunte. L'épouse du narrateur vient de s'éteindre après avoir enduré les pénibles souffrances d'une longue maladie qui ne lui permettait plus d'être maîtresse de son corps. Son époux est à la fois soulagé et triste. Il l'a accompagnée jusqu'au bout, endurant parfois des situations scabreuses que plus d'un homme aurait voulu éviter.
Alors qu'il réfléchit à l'organisation de la cérémonie et à la réaction de sa fille unique, son patron l'appelle. Notre narrateur est directeur commercial d'une grande entreprise de cosmétiques qui n'a plus le droit à l'erreur de marketing si elle veut combler les pertes de l'année précédente. Malgré le deuil qui l'accable, il doit gérer en direct la mise en place d'une nouvelle campagne publicitaire d'été.
La mécanique du vivant a failli, mais la mécanique commerciale doit résister...

Parallèle étrange donc entre la mort et le commerce, le corps qui se dérègle et la publicité qui doit être planifiée et anticipée. A cela vous y ajoutez les problèmes urinaires récurrents du narrateur.
Le lecteur occidental peut se sentir décontenancé en lisant ce court récit. Le titre En beauté se veut être une traduction figurée du titre coréen Hwajang, mot polysémique signifiant à la fois cosmétiques et crémation (voir note des traducteurs). Dès lors, on comprend mieux la démarche de l'auteur qui a voulu, en un seul texte, écrire une histoire qui exploite tous les sens de ce mot.

 En beauté est aussi une réflexion sur l'influence du deuil sur notre psyché. Y a-t-il une conduite idéale à tenir ou sont-ce les conventions sociales qui nous obligent à respecter des rituels?

C'est pourquoi il convient de lire ce texte court sans a priori afin de prendre le recul nécessaire pour en apprécier sa beauté.

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