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Articles

Affichage des articles du avril, 2016

RUE DES ALBUMS (118) Quand on parle du loup, Véronique Caplain et Grégoire Mabire,

Ed. Mijade, avril 2016, 32 pages, 12 euros.

Gare au loup

Le mercredi, c'est papa bouc qui gère la maison et les enfants. Homme d'intérieur accompli, étendre le linge, faire la vaisselle, et même préparer un gâteau ne lui fait pas peur.
Papa bouc est aussi un papa à l'écoute. Alors quand les petits lui demandent de lire une histoire de loup qu'ils ont choisie dans la bibliothèque familiale, il s'étonne du choix. "N'allez-vous pas avoir peur avec une histoire pareille ? ", s'étonne-t-il. Tant pis, les petits sont si insistants qu'il se met à la lecture :
"C'est l'hiver, il fait très froid, un loup rôde dans les bois"...

L'histoire est prenante, étrange, et distille la peur au fil des pages. La petite Violette prend peur et préfère fermer la porte à double tour car la maison est située à l'orée d'un bois. De plus, d'étranges bruits se font entendre. Papa bouc tente de les rassurer, va même dans chaque pièce de la …

Chaque seconde est un murmure, Alain Cadéo

Ed. Mercure de France, avril 2016, 144 pages, 14 euros.

Refuge

Chacun réagit différemment après un traumatisme. Un accident de voiture a complètement changé Iwill. Seul survivant d'un choc où sa petite amie est morte, il parcourt les routes depuis, sans but précis. Partir sans cesse est sa façon à lui de creuser sa vie. Cela fait deux années maintenant que ses trajets inscrivent "une formidable figure" comme les points à relier dans les jeux d'enfants. Ses pas l'emmènent à Luzimbapar, "lieu abandonné au milieu d'un plateau désertique". "C'est rien au milieu de nulle part" se plaît-il à penser. Il y est accueilli par Laston et sa meute de chiens féroces qui n'obéissent qu'à lui, et sa compagne Sarah.

"Et tout ce monde bruisse, rampe, court, trotte, vole, vit, sur et autour de la maison basse".
Le couple, surnommé "le Murmureur et la Sorcière", l'héberge le temps qu'il veut. Dans leur ferme, un bric à b…

Heaven, Mieko Kawakami

Ed. Actes Sud, traduit du japonais par Patrick Honnoré, avril 2016, 256 pages, 21 euros.

Ijime


Que se passe-t-il dans la tête des adolescents brimés régulièrement par leurs camarades de classe ? Heaven est le titre inventé d'un tableau que la jeune Kojima se plaît à observer inlassablement sur papier glacé ou lorsqu'elle se rend au musée. Heaven, c'est le paradis possible, le refuge quand les moqueries et les violences subites quotidiennement sont plus difficiles à supporter. Kojima est la tête de turc des filles de sa classe depuis qu'elle a décidé de négliger son apparence physique, en solidarité avec son père qui vit dans le dénuement, loin d'elle. On pourrait croire à du masochisme, mais on est au-delà de cette conception. Kojima pense que son attitude a un sens, et c'est le plus important :
"Et puis, le moment, ce n'est pas important, ce qui est important, c'est que toutes les souffrances et les malheurs aient un sens".

Dans son collège, e…

Jupe et pantalon, Julie Moulin

Alma Editeur, février 2016, 298 pages, 18 euros.

Souffrance
Quand la raison vacille, le corps flanche. L'un et l'autre sont étroitement liés. N'est-ce pas le cerveau qui dirige le corps ?
Cadre dynamique, mère, et compagne de Paul, A. a repris le chemin du travail après son congé maternité. Sauf qu'au bureau, tout est à refaire. Parce qu'elle est une femme, parce qu'elle est une mère, on lui fait bien sentir qu'elle n'est plus aussi disponible qu'avant, et donc peut-être moins performante. A force de vouloir prouver le contraire, A. sombre et Julie Moulin raconte cette chute en mettant en scène le corps de A.

"Le temps a passé. A. n'est pas devenue cette championne de triathlon que l'on aurait pu imaginer. Elle n'est qu'une femme pressée. Pressée d'accomplir toujours plus. Plus de quoi ? Je ne sais pas. Pas sûr que Camille le sache non plus".

Camille, le cerveau de A. ne va pas très bien. A force d'ordres contradicto…

Billet d'humeur (17) Courir

J'ai longtemps dénigré la course à pied et aujourd'hui je ne sais plus pourquoi. Un jour, la lecture ne m'a plus suffi. Elle apaisait mon esprit, mais pas mon corps. Mon horloge interne souffrait du manque soudain d'exercice. A ce moment là de ma vie, la course à pied s'est avéré la solution la plus pratique et la plus envisageable. Cela fait un an que ça dure, et je ne regrette rien.

Enfiler ses running, envisager le parcours, la distance, vous procurent déjà une sensation de bien être et d'évasion à portée de main. Vous savez que, pendant au moins une heure, vos soucis seront loin de vous. Quand je cours, je suis seule avec moi-même, et cela me fait un bien fou. Tout s'estompe, ne reste plus que le plaisir d'avancer à son rythme.

La course à pied est un sport à la mode. Le week end, nos villages sont envahis de coureurs aux couleurs bariolées ou fluorescentes qui se rassemblent parfois, le temps d'une course organisée. Mais cet engouement n'e…

RUE DES ALBUMS (117) Les Monstres de la nuit, Magdalena et Christine Davenier

Ed. Père Castor / Flammarion Jeunesse, avril 2016, 32 pages quadri, 13.50 euros.


Petit Louis, dont le costume ressemble à s'y méprendre à celui de Max et les Maximonstres (sauf peut-être les oreilles un peu plus longues), ne trouve pas le sommeil, malgré l'histoire du soir, la veilleuse, le doudou, et le verre d'eau.
"Maintenant Petit Louis a les yeux grands ouverts, il regarde la nuit".
 L'enfant ne semble pas avoir peur du noir, c'est pourquoi, lorsque l'ogre toutes dents dehors, puis la sorcière et enfin le troll et le loup surgissent pour l'effrayer, ils sont pris au dépourvu : un enfant qui clame haut et fort "même pas peur !" ce n'est pas normal ! Pourtant, ils sont effrayants à souhait ! Que vont-ils devenir s'ils ne servent plus à  rien ?
"Pensez à notre réputation : si on apprend qu'on ne fait plus peur, on est fichus, il n'y aura plus d'histoires sur nous" , annonce le loup, dépité, à ses acolytes.

D…

Comment Baptiste est mort, Alain Blottière

Ed. Gallimard, collection La Blanche, avril 2016, 208 pages, 18.50 euros.

Liens invisibles

Dans le désert, un groupe de djihadistes enlève un couple et leurs trois garçons dont Baptiste, quatorze ans, et les emmène à un campement retiré de tout :
"C'était un paysage d'avant les hommes, ou de longtemps après. Une terre sans les hommes, et même sans les animaux, libre d'elle-même, seulement soumise à ses propres lois".

Ce pourrait être un roman qui raconte heure par heure le calvaire d'une famille réduite à la soumission et au non-sens. Mais dès le début, le lecteur sait que Baptiste a été libéré. L'adolescent parle peu, et lorsque, pendant le débriefing, l'agent de renseignement l'appelle par son prénom, il le refuse et dit maintenant s'appeler Yumaï, son "nom de guerrier" donné par ses geôliers. Yumaï peut se souvenir, Baptiste a oublié.


"- J'aimerais que tu me racontes un peu.
 - Raconter
Il y a des choses que je peux raconter
M…

REGARDS CROISES (22) Personne ne disparaît, Catherine Lacey

Ed. Actes Sud, février 2016, traduit de l'anglais (USA) par Myriam Anderson, 288 pages, 22 euros.
(Titre original : Out of the Blue )

Regards croisésUn livre, deux lectures. En collaboration avec Christine Bini 

Elyria (Elly) a tout largué : un mari, un appartement cossu, une situation professionnelle confortable, bref une vie rythmée par la routine et l'assurance du lendemain, pour l'aventure et la vie au jour le jour. Et pour être sûre de renouer avec sa vie, elle s'en va aux antipodes de New-York, sur une île, la Nouvelle-Zélande. Là, elle a peut-être un point de chute, se souvenant d'une vague invitation d'un écrivain rencontré à un cocktail, c'est tout.

"J'aimerais quand même bien, certains matins, être le truc qui s'enfuit au loin au lieu d'être cousue à l'intérieur de moi pour toujours".

Elly fuit ses pensées envahissantes, son yack comme elle aime l'appeler pudiquement. Trop d'événements, de douleurs, de stress ont en…

A part ça (11) Les 68 premières fois

Parce qu'il faut bien commencer un jour à publier un premier roman.
Parce que parfois, les médias "oublient" de pointer du doigt des romans de qualité.
Parce que la pression médiatique a ses limites.
Parce que plus on est de fous, mieux on lit.
Parce que je suis impressionnée par l'idée noble et un peu folle de Charlotte, insatiable lectrice, initiatrice du projet.

Alors, je me suis engagée à lire et chroniquer le(s) roman(s) que je recevrai, dont la particularité est d'être un premier roman français. 68 sont en lice...
Et voici celui qui est venu frapper à ma porte ce matin:



C'est parti !

Daddy Love, Joyce Carol Oates

Ed. Philippe Rey, avril 2016, traduit de l'anglais (USA) par Claude Seban, 270 pages, 18 euros.

Au delà de 
C'est devenu une obsession pour Dinah : comment a-t-elle pu lâcher la main de son fils Robbie, ce soir-là, sur le parking du centre commercial ? Il a suffi d'une fraction de secondes et d'un stupide jeu où elle mettait le raisonnement logique de son fils à rude épreuve, pour que son petit lui soit arraché.
" C'était la défaite de sa vie de mère. La défaite de sa vie d'être humain. Même si - naturellement - on lui disait qu'elle n'avait rien à se reprocher.
Son fils a été enlevé. Le fils de Whit".

Selon Dinah, l'amour pour un enfant est un amour désespéré. La naissance de Robbie lui a permis de devenir un être complet, elle qui avait souffert de ne pas avoir été désirée par sa propre mère. Avant lui, elle jugeait sa vie insignifiante, alors depuis sa disparition, comment survivre à ça ? Ne pas savoir est pire que tout. Elle n'a même …

A part ça (10) Vive le roman graphique !

Ed. Gallimard, septembre 2015, collection Hors Série BD, 276 pages, 24 euros.

La littérature inspire. Elle est une passerelle, un fil d'Ariane...
Des illustrations vives, un humour décapant, un thème qui attire l'attention, et on obtient une BD, euh pardon, un roman graphique de grande qualité. Le concept se développe, il a fait sa place dans le milieu littéraire mais, à mon goût, on n'en parle pas assez. Pourtant, il est un excellent tremplin vers la littérature pour les plus réfractaires à la lecture.
California Dreamin' raconte l'histoire d'Ellen Cohen alias Cass Elliot, membre charismatique du groupe The Mamas & the Papas, personnage haut en couleur, fort en gueule, et d'un optimisme à toute épreuve. 
Pénélope Bagieu s'est approprié le sujet intelligemment  par le prisme de l' ironie et de l'humour. On rit beaucoup, on se cultive aussi, bref on passe un super bon moment !

Billet d'humeur (16) Suite et fin

Suite à mon précédent billet d'humeur daté du 9 avril dernier dans lequel je relayais la création du blog La Ficelle et la nouvelle ligne éditoriale de la maison d'édition jeunesse l'Ecole des Loisirs, j'ai reçu un communiqué "rassurant" de la part des deux directeurs ; le voici :






La Carrière du Mal, Robert Galbraight

Ed. Grasset, avril 2016, traduit de l'anglais (GB) par Florianne Vidal, 608 pages, 21.50 euros.
( Titre original : Career of Evil )*

Et plus si affinités
Cormoran Strike et sa secrétaire Robin Ellacott n'ont pas à se plaindre : après avoir résolu deux enquêtes particulièrement pénibles (Lire L'Appel du coucou et  Le Ver à soie ) leur agence de détective a acquis une réputation sérieuse. Cependant, il suffit d'un faux pas ou d'une rumeur pour que tout s'écroule...
Un matin, au bureau, Robin ouvre un colis qui lui est destiné. Il n'y a pas de stress particulier de sa part puisqu'elle est dans les préparatifs de son mariage avec Matthew et attend des commandes. Sauf que le contenu est loin d'être agréable : il s'agit d'une jambe tranchée.

C'est le début d'une enquête dans le monde mal connu des acrotomophiles (sexuellement attirés par les parties amputées) et les apotemnophiles (trouble neurologique; la personne qui en souffre rêve d…

Jardin de printemps, Tomoka Shibasaki

Ed. Philippe Picquier, avril 2016, traduit du japonais par Patrick Honnoré, 144 pages, 21 euros.

Paradis perdu
Au cœur de Tokyo, une maison bleue avec un jardin qui attire l’œil puisqu'elle a un style occidental. Tarô la voit tous les jours, car elle se situe en face de l'immeuble où il réside, prochainement voué à la démolition.
Un jour, il apprend par sa voisine Nishi qu'un livre de photographies, appelé Jardin de printemps, a mis cette maison à l'honneur. C'était il y a une vingtaine d'années, et les locataires de l'époque s'étaient mis en scène dans les diverses pièces. Page après page, défilent les caractéristiques architecturales et insolites de la demeure. Nishi est sous le charme, c'est même devenue une obsession : il faut qu'elle entre pour pouvoir découvrir les secrets de la maison bleue. Tarô veut bien l'aider, même s'il juge son idée un peu saugrenue.
Seulement, entre temps, la maison inoccupée jusque là, s'est réveillée,…

Dans la jungle, Agnès Vannouvong

Ed. Mercure de France, avril 2016, 120 pages, 14 euros.

En quête de soi
"Elle s'était habituée à cette solitude intérieure, tenable et intolérable sans parvenir à mettre des mots, jamais, sur ce qu'elle ressentait, une terre vide, une absence à soi et au monde que rien, ni son mariage ni la naissance de ses enfants, ne pouvait combler".
May a enfin fui cette vie qui lui pesait, faite de routine, sans passion et terne. Elle a divorcé après le départ de ses enfants, et a décidé de se rendre dans son pays natal, la Thaïlande. Ce choix s'est imposé à elle, même s'il couvait depuis longtemps, après la mort là-bas de son collègue et meilleur ami Stéphane. Les circonstances de son décès sont restées mystérieuses. Il était la bouffée d'oxygène quotidienne que May n'avait plus chez elle. Elle enviait sa liberté et sa façon de voir la vie, lui qui avait perdu très tôt ses parents et sa soeur dans un accident de voiture. A sa mort, Stéphane légua une coquette som…

Billet d'humeur (16) Avant, il y avait Geneviève Brisac, mais ça c'était avant !

Par ce billet d'humeur, je témoigne mon soutien aux auteurs et aux salariés de cette maison d'édition qui souffrent de la mise à l'écart de Geneviève Brisac.

Il y a quelques temps, l'éditrice historique de l'Ecole des Loisirs, Geneviève Brisac a été remerciée. A sa place, un certain Arthur Hubschmid est venu la remplacer. De lui, on ne sait rien, ou très peu. Lorsque Claire Castillon s'est retrouvée dans son bureau, elle lui a même demandé "Mais vous êtes qui ?", alors qu'il critiquait le travail fait avant lui.

Cette anecdote, je ne l'ai pas inventée, je l'ai lu sur un blog qui a été créé il y a peu,  La Ficelle, qui collecte les témoignages d'auteurs de l'Ecole des Loisirs. Tous sont unanimes quant à la gentillesse, le professionnalisme et l'exemplarité de Geneviève Brisac. Tous ont bien compris que sa mise à l'écart est due davantage à un choix comptable qu'à un choix éditorial. Pourquoi ? Parce qu'il faut vendre…

Le Monde extérieur, Jorge Franco

Ed. Métailié, Collection bibliothèque hispanique, traduit de l'espagnol (Colombie) par René Solis, mars 2016, 270 pages, 20 euros.

Pour la petite Isolda, le monde extérieur c'est celui qui se trouve au delà du parc du château de ses parents, construit dans la ville de Medellin. Elle prend plaisir à fuir sa maîtresse particulière pour rejoindre les amirages, ces petites créatures des bois qui lui permettent de découvrir un autre monde :
"Elle traverse la forêt comme un astronaute, lâchée dans l'espace, émerveillée par le scintillement des lucioles et escortée par cinq amirages qui fouillent dans les arbustes avec leurs cornes pour éloigner les petites bêtes qui pourraient l'effrayer".
L'imagination d'Isolda n'a pas de limites. Fillette hyper protégée par ses parents Dita et don Diego, elle ne connaît rien du monde extérieur. Elle n'a pas deviné qu'un gamin des rues, Mono, l'observe des heures entières, perché en haut d'un arbre. A fo…

Disent-ils, Rachel Cusk

Ed. de L'Olivier, mars 2016, traduit de l'anglais (USA) par Céline Leroy, 203 pages, 21 euros.
Titre originale "Outline"

Qui suis-je ?
"Comment écrire" est l'atelier d'écriture que doit mener le personnage principal, à Athènes, pendant deux jours. De ce personnage, on ne sait rien, ou presque : c'est une femme, écrivain, la cinquantaine, divorcée avec deux enfants maintenant adultes. Ce court séjour dans la chaleur suffocante de la capitale grecque lui permet de faire le point sur sa vie. Elle a cette faculté d'attirer les confidences des inconnus qui la rencontrent.
"Les êtres humains ont une capacité d'égarement apparemment infinie" et se confient facilement si la situation et le contexte le permettent. Ainsi, à travers les témoignages qu'elle recueille, notre héroïne (mais peut-on la qualifier ainsi ?) prend de l'épaisseur. Car, à travers les récits de vie des autres, ce sont des fragments de sa propre existence qui s…

Ils vécurent heureux, eurent beaucoup d'enfants et puis ... , Michael Cunningham

Ed. Belfond, traduit de l'anglais par Anne Damour, 208 pages, 19.50 euros.
Titre original "A wild swan and other tales".

Et après ?
 La Belle et la Bête, Jack et le haricot magique, Raiponce, Blanche Neige et les sept nains, Hansel et Gretel, le petit soldat de plomb, pour ne citer qu'eux, sont des contes qu'ont nous a lus dans notre jeunesse et qu'à notre tour, nous avons lu (ou lisons) à nos enfants. Les contes sont souvent notre première approche de la littérature, et bien qu'ils se terminent souvent de la même manière : "Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants", dans le sens où tout se termine pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles (Voltaire n'a rien inventé), ils ont le mérite d'avoir exercé sur nous une fascination étrange, nous poussant à les relire, à les transmettre, et parfois même, à y chercher une faille qui se dérobe sans cesse.

Seulement, lorsqu'on relit ces histoires avec le recul nécessaire…

Billet d'humeur (16) Carnets noirs, Stephen King

Ed. Albin Michel, mars 2016, traduit de l'anglais (USA) par Oceane Bies et Nadine Gassie, 427 pages, 22.50 euros.

Accident
Avec Carnets Noirs, Stephen King continue sa réflexion sur le pouvoir de la fiction et le métier d'écrivain, entrepris déjà avec Misery et La Part des ténèbres. Il raconte comment un homme, Morris Bellamy, obnubilé par un héros de papier, un certain Jimmy Gold, inventé par l'écrivain John Rothstein, devient un meurtrier sans foi ni loi pourvu que son modèle "reprenne vie" et ait le droit à un meilleur traitement fictionnel.

Or, même si la réflexion faite sur l'écriture est intéressante, elle ne sauve pas une intrigue poussive, redondante, et qui prend l'eau une fois arrivée aux trois quarts du roman.
Certes, le jeune héros, Pete Saubers, celui qui a trouvé les fameux carnets noirs de moleskine contenant au moins deux romans inédits de la série Jimmy Gold, est un personnage attachant, réfléchi, et qui garde une certaine distanciation …