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Articles

Affichage des articles du juin, 2016

RUE DES ALBUMS (115) Même plus peur, Fleur Oury

Ed. Seuil Jeunesse, juin 2016, 30 pages, 12.90 euros.


Si vous tombiez nez à nez avec un ours, auriez-vous peur ?
Oui ! Et c'est normal ! Entre la fourrure, la taille, les crocs, et les griffes, toutes les conditions sont remplies pour vivre un moment de terreur !

Maintenant, imaginez le même ours aussi impressionnant tentant de terroriser un groupe d'enfants et ... rien ! Aucun cri, aucune fuite, il n'existe plus ! Que faire, puisque faire peur est la nature, la condition d'être de l'ursidé ! C'est sa façon à lui de les aimer !
"Ours aime les enfants. Il passe ses journées à les terroriser".

Alors, ours décide de résoudre son problème en allant prendre conseil auprès d'autres terreurs : le loup, l'araignée, le crocodile, le serpent. A chacun, il confie son angoisse, mais force est de constater que tous ne font plus peur non plus ; leurs règnes sont révolus.
"On me dit repoussant, fourbe, hypocrite et dangereux, mais en vérité je suis si tim…

Flora et les sept garçons, Dominique Dussidour

Ed. La Table Ronde, avril 2016, collection La Petite Vermillon, recueil de nouvelles, 176 pages, 15 euros.

Nouvelles et contes d'aujourd'hui

Mythologie, conte, actualité contemporaine , violence sont autant de sources d'inspiration pour l'auteur dans ce recueil de dix-neuf récits. S'y côtoient, sœurs de misère ou de malchance, une ogresse, une petite fille qui fuit la guerre, une femme battue, une libraire inspirée, une fiancée fugueuse pour ne citer qu'elles de mémoire. Toutes ont un point commun cependant : celui d'être née femme et d'en tirer une force et une rage de vivre naturelles.

Les héroïnes de Dominique Dussidour traversent le temps, si bien que leurs soucis s'inscrivent alors dans l'intemporalité. Dans Léa fille de Rhéa, l'épouse du Dieu Cronos fuit son époux infanticide afin de pouvoir enfin garder son enfant née de leurs amours. Parfois, une histoire d'amour ressemble à s'y méprendre à une fiction lue dans un polar : Suz…

Retour à Cayro, Dorothy Allison

Nouvelle édition, Ed. Belfond, juin 2016, traduit de l'anglais (USA) par Michèle Valencia, 456 pages, 21 euros.

"Rien ne vaut la vie qu'on rêve"

Pour Delia Byrd l'heure du retour à Cayro a sonné. Son rocker de compagnon, Randall, vient de mourir dans un accident de moto, ne lui laissant que  des souvenirs de leur groupe Mud Dog, de fêtes alcoolisées, de drogues, mais surtout une fille de dix ans, Cissy.
Cela fait longtemps que Delia pensait traverser le pays depuis la Californie pour rejoindre sa terre natale, en Géorgie. Mais la peur et un sentiment de lâcheté l'en ont empêchée pendant des années. Elle a quitté Cayro un soir, comme une voleuse, après avoir été rouée de coups par son mari. En partant, elle a abandonné à sa belle-famille, deux petites filles Amanda et Dede, trop jeunes pour comprendre la situation.
"Cayro, en Géorgie, un coin paumé au fin fond du monde où se trouvait la famille que Delia aimait plus qu'elle n'aimerait jamais Cissy&…

RUE DES ALBUMS (114) Un Enfant parfait, Matthieu Maudet et Michaël Escoffier

Ed. L'Ecole des Loisirs, 36 pages, 12.20 euros


Dans un monde parfait, on pourrait acheter un enfant parfait au supermarché, garanti 100% satisfait.
Mais c'est quoi un enfant parfait ? Pour Monsieur et madame Dupré, il doit toujours être souriant, autonome, toujours d'accord avec ses parents, et surtout jamais culpabilisant.

"- Alors, Baptiste ? Que dirais-tu d'une bonne grosse barbe à papa pour fêter ton arrivée parmi nous ?
- Merci, mais je préfère éviter les sucreries. Ce n'est pas très bon pour les dents".

Baptiste est si parfait qu'à force de s'accommoder de toutes les situations, les Dupré se reposent de plus en plus sur lui. Tant pis si monsieur s'endort en lisant l'histoire du soir, ou si madame ne fait pas les course à temps !
En vase clos, tout se passe bien, mais le monde ne se résume pas à la cellule familiale ultra protectrice. Baptiste doit se frotter aux autres, et cela passe par l'école.
Justement, c'est le jour du Car…

A part ça (14) Le fou rire de Jésus / Je suis mon propre père, François Coupry

Grand West Editions, collection Le K, 258 pages, 21.90 euros.
Postface de Christine Bini
Diptyque

La littérature inspire. Elle est une passerelle, un fil d'Ariane...

Zoom sur le nouvel ouvrage de François Coupry que je ne connaissais alors que de nom et de réputation littéraire.

Vous en faire une chronique serait impossible pour moi, tant ce diptyque est une véritable découverte.
J'ai pris mon temps, j'ai relu des passages, j'ai noté ce que j'aime appeler des "fulgurances", ces petites phrases bien tournées qui vous donnent la sensation de lire "le haut du panier".

La modeste lectrice que je suis a pris une claque fictionnelle, s'est sentie fière quand elle  vu passer le nom de Balbo, car elle savait le rapprocher d'un autre auteur qu'elle apprécie (Châteaureynaud), puis s'est sentie un peu larguée (parfois) quand elle a lu la postface très inspirée de son amie Christine Bini.

Le Fou rire de Jésus fait de Ponce Pilate un homme que …

T'y crois ou pas ? Petites et grandes questions sur les religions, Marion Gillot et Marygribouille

Ed. De la Martinière Jeunesse, collection Bulle d'Air, 80 pages, 9.95 euros.


T'y crois ou pas ? est le livre-documentaire qui donne des réponses claires et précises sur les petites et grandes questions à propos des religions.

Dans une société ou les médias et les réseaux sociaux usent et abusent des termes religieux, les enfants trouveront dans cet ouvrage tout ce qu'il faut pour bien comprendre chaque religion, quelle soit catholique, musulmane, juive ou bouddhique.

Organisées en quatre grandes parties : toi et ta religion, des religions et des rites, des religions et des interrogations, ta religion et les autres, toutes les questions sur la spiritualité sont abordées : symboles, rites, extrémismes, prières, régime alimentaire... A chaque fois, un petit symbole religieux permet de faire des comparaisons, mais surtout apprend au jeune lecteur que chaque croyance est issue d'une même branche fondamentale.

Enfin, en conclusion, on ne peut qu'applaudir les quatre règle…

La ferme de cousine Judith, Stella Gibbons

Ed. Belfond, collection Vintage, traduit de l'anglais par Marie-Thérèse Baudron et Iris Catella, juin 2016, 352 pages, 15 euros.

Bienvenue à la campagne !

Nous sommes au début du XXème siècle en Angleterre. Flora Poste vient de perdre ses parents dans un dramatique accident. Orpheline à vingt ans, les cent livres de rente annuelle constituent un maigre bagage pour rêver d'indépendance. C'est pourquoi, elle envisage de vivre quelques temps chez des cousins qui voudront bien l'accueillir.
 Après l'envoi de quelques lettres à la famille, la cousine Judith veut bien la loger dans sa ferme de Froid Accueil. Flora est une citadine, alors la vie à la campagne est une nouveauté pour elle. Elle espère y trouver l'inspiration et des matériaux qui lui permettront d'écrire un premier roman.

A son arrivée, Flora comprend que sa cousine la loge pour s'excuser d'un tort qu'elle aurait fait subir jadis à son père Robert Poste, sans pour autant le révéler. Son n…

La Prochaine fois ce sera toi, Vincent Villeminot

Ed. Casterman, juin 2016, 350 pages, 15.90 euros.

La Brigade de l'ombre

Présenté comme une incursion dans le roman noir, ce polar de Vincent Villeminot, auteur déjà de un des quatre tomes de U4 (U4 Stéphane, Ed Syros), est assez ambitieux. Il inaugure la série de "La Brigade de l'ombre", composée essentiellement de flics qui ont outrepassés leurs fonctions à un moment ou un autre de leur carrière. Dirigée par le commissaire Markovwicz et son adjoint Bosco, son rôle est essentiellement de protéger la population des goules, créatures dangereuses, mi-humaines, mi-monstres, capables de s’attaquer à tout ce qui se trouve sur leur passage.
" En reconnaissance des services éminents que j'ai rendus dans le passé, on m'a accordé un privilège : dans cette Brigade, je commande quelques flics qui n'ont plus le droit de l'être, afin d'arrêter, de temps en temps, des criminels qui n'en sont pas. Vous voyez l'idée"?

Le récit intègre à la fois in…

Billet d'humeur (18) Lever le pied

Mon appétence pour la littérature en général et la lecture en particulier connaît quelques soucis ces derniers temps.
Je me souviens d'une époque où je remplissais des grilles de mots croisés à défaut de pouvoir lire une seule page, tant j'avais le sentiment d'avoir trop lu.
Là, ce n'est pas tout à fait pareil. Mon rythme s'est considérablement ralenti. Les causes sont floues (quoique), toujours est-il que l'Euro 2016, les inondations, ou autres phénomènes n'ont rien à voir la-dedans.

A force, je crois devenir de plus en plus exigeante. N'y voyez pas une forme d'élitisme, mais j'ai besoin d'un certain seuil de qualité pour me sentir portée. Peut-être est-ce aussi la période. Mai-juin est souvent une traversée du désert éditorial. Les éditeurs ont le regard tourné vers la rentrée littéraire de septembre ; on ne parle que de ça...

De ce fait, la mise en ligne de mes articles va aussi se ralentir pour s'éteindre complètement entre le 14 jui…

A part ça (13) Il était une (mini) fois

Ed. Didier Jeunesse, maais et juin 2016, 32 pages, 3 euros le livre.
Séverine Vidal et Valérie de La Rochefoucauld

La littérature inspire. Elle est une passerelle, un fil d'Ariane...
Présentation de la collection :
"Il était une (mini) fois, des histoires fortes, des récits venus d'ailleurs merveilleusement écrits par des conteurs d'aujourd'hui.
Il était une (mini) fois, des classiques à découvrir dans leur version d'origine ou écourtés avec un grand respect."



Zoom sur cette collection sympathique publiée chez Didier jeunesse et destiné à un public de cycle 3 (CM1-CM2-6ème). Tout en conservant l'esprit de l'histoire originale, les auteurs proposent un récit épuré et simplifié qui permet au jeune lecteur d'aborder des textes forts sans se heurter à la difficulté du texte originel. Ainsi, Roméo et Juliette n'est plus tout à fait une pièce de théâtre élisabéthaine, mais le style utilisé reste lyrique et envolé :

"Voilà Roméo seul dans la nuit…

REGARDS CROISES (23) Le Puits, Ivan Repila

Ed. 10/18, traduit de l'espagnol par Margot Nguyen Béraud, mai 2016, 123 pages, 6.10 euros
Préface de Zoé Valdès
Titre original : El niño que robó el caballo de Atila

Regards croisésUn livre, deux lectures. En collaboration avec Christine Bini 

Deux frères, le Grand et le Petit, se retrouvent au fond d'un puits, en pleine forêt. On se doute que quelqu'un les y a jetés, d'ailleurs, parfois, son ombre se profile au bord du trou, mais on ne sait pas qui et pourquoi. D'ailleurs, ce roman doit être lu comme une parabole car on est au-delà de l'histoire de deux enfants abandonnés qui tentent de trouver les ressources mentales et physiques nécessaires pour survivre.
Oui, on est en plein milieu d'une parabole, celle qui explique qu'il faut d'abord être détruit pour mieux se reconstruire. Seulement, on est aussi dans la vengeance, puisque le Grand rêve de couper la tête à celle qui les a mis là. Elle ? La mère ? Celle qui a un sourire doux et qui a envoyé ses…

Les Petites consolations, Eddie Joyce

Ed. Rivages, mai 2016, traduit de l'anglais (USA) par Madeleine Nazalik, 480 pages, 22.50 euros.

"Ferme les yeux, tu arriveras bien à les voir"

Quand une famille est frappée de plein fouet par le malheur, que lui reste-t-il pour ne pas sombrer, pour continuer à avancer coûte que coûte, bref comment reprendre goût à la vie tout simplement ?
Les Amendola sont en mode survie depuis la disparition du petit dernier, Bobby, lors des attentats du 11 septembre 2001. Il a laissé derrière lui une épouse, Tina, et deux enfants dont un qu'il n'a jamais eu la chance de connaître. Depuis sa disparition, toute la famille vit dans l'ombre de cette perte. Dix ans après, chacun a construit ses petites consolations pour vivre avec. Gail, la mère, commence ses journées par un petit pèlerinage dans la chambre de Bobby ; Michaël, le père, ne veut pas changer ses habitudes : paris sportifs, bars, alcool ; les frères Peter et Franckie se lâchent à leur façon : l'un trompe son ép…

RUE DES ALBUMS (120) Flora veut un chien, An Swerts et Eline Van Lindenhuizen

Ed. Nord Sud, mai 2016, 26 pages, 12 euros.


Flora fait le rêve éveillé de posséder un chien. Fille unique, elle s'imagine qu'il serait le compagnon de jeu idéal pour meubler les moments où elle s'ennuie. Or, ses parents ne sont pas d'accord : un chien ça salit une maison en moins de temps qu'il ne faut pour la rendre propre, et en plus ça peut saccager un jardin !

Pourtant, Flora n'en démord pas, elle aura son compagnon à quatre pattes ! Alors qu'elle pense que l'adoption d'un chien abandonné serait une bonne idée, elle rencontre au parc un canidé au poil passé qui, ni une, ni deux, vient vers elle.
"Sans maître ! Flora tend la main et le chien vient la lui renifler. Visiblement, son poil n’a pas vu de peigne depuis longtemps, mais pour Flora, c’est le coup de foudre".

Elle l'emmène à la maison en cachette, mais très vite maman devine la supercherie. A qui sont ces traces de pattes un peu partout dans la maison ?
Ses parents décident de…

Les Brasseurs de la ville, Evains Wêche

Ed. Philippe Rey, janvier 2016, 190 pages, 17 euros.





"Elle est coriace, la vie, et elle fait mal"
Par le prisme de la littérature, les écrivains haïtiens rendent la misère de leur île supportable, cette détresse au quotidien où manger à sa faim est un parcours du combattant, se soigner correctement un luxe, et percevoir un salaire digne en échange d'un travail correct presque un rêve.
Dans ce pays gangrené par la corruption jusqu'au plus haut sommet politique, les petites combines, et la faillite du système sociétal, les habitants gardent pourtant le sourire. Or, ils ne savent pas comment sera fait leur lendemain. Les brasseurs de la ville sont ces petites gens qui s'inventent chaque jour un métier pour survivre. Ils se réinventent au quotidien et envahissent les rues de la capitale surpeuplée Port-au-Prince.
"- Brasseuse ? C'est quoi ce métier ?
  - Je suis marchande ambulante de serviettes, parfois lessiveuse, parfois repasseuse. Je fais souvent la bonne…