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Articles

Affichage des articles du août, 2016

FRAGMENTS DE BD (14) L'Histoire de l'Art en BD, Marion Augustin et Bruno Heitz

Ed. Casterman, août 2016, 96 pages, 14.95 euros.

Voyage dans le temps

L'association entre une figure majeure de l'illustration (Bruno Heitz) et une guide conférencière dans les grands musées parisiens (Marion Augustin) a permis la réalisation de ce premier volet, construit comme ses grands frères de la saga L'Histoire de France.

Deux enfants rejoignent leur grand-père et parcourent ensemble les rues de Paris. En constatant que l'Art est partout, Papi se révèle être un merveilleux narrateur et dévoile aux enfants les grandes lignes de l'histoire des Arts.
De l'Art pariétal, en passant par les joyaux de l'antiquité égyptienne et gréco-romaine, pour avancer tranquillement du Moyen-Âge  vers la période charnière de la Renaissance, le lecteur apprend en s'amusant. Le format BD évite les écueils et favorise les anecdotes. Ainsi, les détails sont mieux mis en valeur, et surtout attirent davantage l'attention.

Divisé en trois parties, l'ouvrage est bien…

Crépuscule du tourment, Léonora Miano

Ed. Grasset et Fasquelle, août 2016, 288 pages, 19 euros.

Être Femme

Sous une chaleur de plomb, alors que les éclairs strient le ciel et que les habitants attendent l'eau qui viendra enfin nourrir la terre desséchée, quatre femmes racontent ou plutôt se racontent. Elles ont en commun un homme, Dio, fils de bonne famille à l'ascendance tourmentée, qui accepte mal l'attitude de ses aïeux au temps de la colonisation.

Nous sommes en Afrique Subsaharienne, dans un pays jamais nommé mais tellement réel, par la description de ses routes cabossées, son passé colonial, et les tourments faits aux femmes.
Car être une femme là-bas, c'est grandir dans l'acceptation du seul et unique rôle que la société lui octroie, celui d'enfanter.
"Il n'y a pas de place pour la romance, pour les mièvreries, dans la vie des femmes d'ici. Sous ces latitudes où le ciel n'est ni un abri, ni un recours, être femme, c'est mettre à mort son cœur. Si l'on n'y parvient…

Et toi, tu as eu une famille ? Bill Clegg

Ed. Gallimard, collection Du monde entier, traduit de l'anglais (USA) par Sylvie Schneiter, 288 pages, août 2016.
Titre original : Did you ever have a family ?


Et au bout du tunnel, la lumière

Le sujet fait froid dans le dos : June a tout perdu le matin du mariage de sa fille unique Lolly dans l'incendie de sa maison : son petit ami Luke avec qui elle avait des projets malgré leur différence d'âge, son ex-mari Adam venu pour l'occasion, son futur gendre Will et enfin sa fille Lolly.
"Face à une catastrophe comme celle qui a eu lieu ce matin-là chez June Reid, on se sent la personne la plus insignifiante, la plus démunie du monde. On a l'impression que ce qu'on pourrait faire ne servirait à rien. Ne sert à rien".
Comment survivre à un tel désastre ? Parce que connaître la vérité sur l'origine du feu, et parce qu'elle n'a plus la force de croiser des regards connus comme celui de Lydia, la mère de Luke, June vend tout, remplit son coffre de vo…

Les fantômes voyageurs, Tom Drury

Ed. Points Seuil, mai 2016, traduit de l'anglais (USA) par Nicolas Richard, 264 pages, 7.30 euros
Titre original : Hunts in dreams

Les autres romans de Tom Drury, ici

"On ne sait pas d'où on vient ni ce qu'on fait sur cette terre"

La famille Darling est déroutante : le couple que forment Joan et Charles n'est pas assorti. Tandis que l'une déserte le foyer familial le temps d'un week end pour souffler en participant à un séminaire, l'autre se met en tête de récupérer le fusil du grand-père récupéré par une voisine récalcitrante, tout en gardant les enfants. Pourtant, les gamins sont autonomes : Micah, sept ans, se posent des questions existentielles, et Lyris, quinze ans, se demande si vivre finalement avec sa vraie famille est une bonne chose.

Joan a préféré abandonner Lyris à sa naissance, ne s'estimant pas capable de l'aimer comme il faut. Depuis, les services sociaux lui ont rendu, l'obligeant à faire face. Mais Joan est à un tournan…

Billet d'humeur (20) Le jour où j'ai (presque) terminé Purity de Jonathan Franzen

Il ne me restait que 75 pages, soit 1/10éme de ce roman.
Et puis le livre m'est tombé des mains ; les aventures de Pip, Andreas, et Adam ont eu raison de ma patience et de ma bonne volonté.

Franzen et moi, c'est une longue histoire. Je crois avoir commencé tous ses romans et les avoir tous arrêtés systématiquement avant la centième page. Blocage ? Sans aucun doute. Suis-je une mauvaise lectrice de dire que je n'arrive jamais à comprendre les incipit à rallonge de cet auteur ?

Bref, mai 2016, sortie de Purity aux Editions de L'Olivier. Comme d'habitude, les quelques articles qui me tombent sous le nez à propos du roman sont dithyrambiques, et placent Franzen dans le top 10 des auteurs contemporains à avoir lu. Je suis une élève disciplinée, docile, je me dis donc que mon blocage Franzen vient forcément de mon inaptitude (notoire ?) à ne pas apprécier la très bonne littérature. Encore une fois, qui suis-je donc pour juger qu'un texte est mauvais quand les journa…

RUE DES ALBUMS (116) Kalil, Michaël Escoffier

Ed. Frimousse, novembre 2015, 20 pages, 13 euros.


Un triangle.
Un quartier de lune.
Six rectangles dont un de couleur.
Un fond noir.

A partir de ces figures géométriques, Michaël Escoffier bâtit un conte et ses illustrations ; l'imagination du lecteur fait le reste.

Kalil est un pauvre borgne à la barbe abondante qui, chaque jour, part en quête de nourriture. Poussé par la pluie et la fatigue, il trouve refuge dans une église. N'est-ce pas le lieu idéal où les souhaits les plus purs peuvent se réaliser ?

L'auteur emprunte à la tradition orientale l'apparition de la lampe à huile magique, mais perdue au milieu des cierges chrétiens. Le bon génie libéré de la lampe propose (forcément) à Kalil d'exaucer son vœu le plus cher.
"Je rêve d'océan, de grands espaces et de liberté. Je rêve de ne plus jamais avoir froid ni faim, et de voyager au gré des courants".

Le lecteur attentif que cinq souhaits se cachent en fait sous un seul. Le bon génie va les exaucer d…

Yaak Valley, Montana, Smith Henderson

Ed. Belfond, août 2016, traduit de l'anglais (USA) par Nathalie Peronny, 500 pages, 23 euros.
Titre original : Fourth of july creek


Chemin de croix


Teanmile, Montana, 1980. En apparence, Pete Snow est un homme bien. Assistant social, il parcourt les vastes étendues de la Yaak Valley à la rencontre des familles défavorisées ou en perdition, pour vérifier à chaque fois si les enfants ne sont pas en danger. D'ailleurs, le roman commence par une de ses missions. Malgré ce à quoi il est confronté au quotidien, il tente toujours de trouver une once de sentiment maternel ou paternel chez ceux qui se contentent fort bien de n'être que des géniteurs et de laisser leurs petits dans un état déplorable. Il en est ainsi, Pete Snow est un incurable de l'empathie...
"Il y avait des familles dont tu t'occupais parce que c'était ton job ; tu leur venais en aide, tu mettais au point un plan d'action avec elles, tu passais voir si tout allait bien et tu les emmenais chez l…

Le Zeppelin, Fanny Chiarello

Ed. de L'Olivier, août 2016, 225 pages, 18 euros.

Lire les autres romans de Fanny Chiarello, ici

La folie nous guette

Nous gardons souvent en mémoire du zeppelin une photographie en noir et blanc d'un immense ballon à mi-chemin entre la montgolfière et l'avion, un appareil disparu qui n'a plus sa place  dans le ciel du vingt-et-unième siècle.

Or, en ce jour d'été dans un village de Province au nom étrange de La Maison, une ombre apparaît au-dessus des têtes. Les habitants associent tout de suite le phénomène au passage d'un aérostat, et ce dernier vole ridiculement bas. L'aéronef en question a été construit pour rendre hommage à ses grands frères, et porte le nom scientifique de LZ 132. Il ne transporte avec lui que des membres d'équipage censés faire honneur à l'inventeur de la machine, Friedrichshafen.
LZ 132 aurait pu passer tranquillement au-dessus de La Maison et continuer son chemin ; or, victime d'une défaillance technique, ses occupants …