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Articles

Affichage des articles du septembre, 2016

La Tour Sombre 2 : Les Trois cartes, Stephen King

Ed. J'ai lu, mars 2006, 396 pages, 8.50 euros.
Nouvelle traduction de l'anglais (USA) par Marie de Prémonville
Illustrations de Phil Hale

"Un homme au bord de n'importe quoi"

C'est un Roland de Gilead affaibli, spectral, qu'on retrouve dans ce tome 2 de La Tour Sombre. Attaqué par des créatures aquatiques étranges dès le début du roman, il ne doit son salut qu'aux trois portes qui se dressent sur son chemin et qui lui permettent de rejoindre "le monde d'avant". Là, il va trouver non seulement de quoi se soigner, mais aussi les compagnons annoncés par les cartes de l'Homme en noir.

Le récit est essentiellement centré sur les rencontres avec Le Prisonnier, La Dame d'Ombres, et Le Pousseur. Tous les trois sont essentiels pour Roland, car sans eux, il ne peut pas poursuivre son chemin vers la Tour. Pourtant, ils sont loin d'incarner des parangons de vertu. Tandis que Le Prisonnier (Eddie) se révèle être un héroïnomane embarqué da…

La Tour Sombre 1 : Le Pistolero, Stephen King

Editions J'ai Lu, nouvelle traduction de l'anglais (USA) par Marie de Prémonville 2006, 254 pages, 6.10 euros
Version illustrée par Michael Whelan
Texte revu et enrichi par l'auteur ; titre original The Dark Tower, The Gunslinger


Dans "un monde qui a changé", un homme seul, Roland de Gilead, poursuit l'homme en noir. Ce dernier a des semaines d'avance sur lui, mais ce n'est rien pour Roland. Cela n'entame en rien sa poursuite. Tant pis si l'eau et la nourriture ne sont pas abondantes, tant pis si la solitude est sa compagne, car sans l'homme en noir, il ne pourra atteindre sa quête ultime : la Tour Sombre.
De cette tour, il ne sait rien, seulement qu'elle est son but et qu'il risque fort de ne pas l'atteindre. Il a été éduqué et préparé pour la retrouver, et rien ne pourra l'en empêcher.

Dans ces paysages désertiques qu'il traverse, subsistent des traces de la civilisation disparue : ici des rails abandonnés, là une vie…

Lucie ou la vocation, Maëlle Guillaud

Ed. Héloïse d'Ormesson, 199 pages, 17 euros


A vie 
Premier roman d'une auteure qui, forte de l'expérience d'une amie, raconte la vocation d'une jeune fille, Lucie, pour la vie monacale.

Lucie ou la vocation est une version moderne de La Religieuse de Diderot dans la description des bassesses faites entre sœurs, de la dureté de la vie au cloître. Lucie diffère de l'héroïne du 17ème siècle dans le fait qu'elle a choisi de son plein gré ce mode d'existence. En khâgne, la jeune fille se sent exaltée. Elle y rencontre Mathilde, qui va lui ouvrir le chemin vers le couvent. Pour elle, c'est une évidence : elle est amoureuse de Dieu, et comment mieux lui exprimer son amour qu'en prenant l'habit ? Pour Juliette, l'amie d'enfance de Lucie, la stupéfaction et la colère se mélangent. Vivre sa foi de cette façon, c'est renoncer à tout, c'est se retirer du monde à un âge où on doit justement profiter de la vie. Juliette éprouve de la haine…

RUE DES ALBUMS (118) Le petit monstre d'Adèle, Mim et Baptiste Amsallem

Ed Milan Jeunesse, avril 2014, 24 pages, 9.90 euros.


Tous les soirs, c'est le même cinéma, Adèle a peur du monstre tapi sous son lit, et comme ses parents refusent qu'elle vienne entre eux deux, Adèle monte la garde, vaillamment !
Un couinement a suffi pour que la curiosité la pousse à regarder d'où provenait le bruit : il y a bien un monstre sous son lit, mais c'est un bébé apeuré et en larmes ! Alors, Adèle décide de le cajoler ; c'est son nouveau doudou, et maman n'y voit que du feu. même si elle trouve qu'il sent vraiment très fort.

A l'école, la maîtresse ne croit pas à son histoire si bien que la petite se retrouve sans conseil pour pouvoir éduquer correctement son nouvel invité. Et Petit Monstre est turbulent, comme tous les enfants. En plus, la nuit, ce n'est pas simple, car il a peur et pleure sa maman perdue.

Heureusement, maman monstre n'est pas très loin et vient réclamer son petit. Adèle n'a pas peur, entreprend même de lui expl…

Station Eleven, Emily St. John Mandel

Ed. Rivages, août 2016, traduit de l'anglais (Canada) par Gérard de Chergé, 480 pages, 22 euros.

Parce que survivre ne suffit pas

La couverture du roman pose le décor : le monde n'est plus, ou plus précisément le monde civilisé, connecté, celui où on pouvait rejoindre un continent en prenant un vol long courrier. Les survivants de la grippe de Géorgie - c'est le nom du fléau qui a décimé 99% de la population - ont fui sur les routes, s'éloignant des villes, lieux d'infection par excellence. Cette maladie a été "la ligne de démarcation entre un avant et un après de la civilisation". C'est ce que les anciens appellent maintenant l'An Un, celui de la migration vers des horizons plus cléments, et l'abandon de tout ce qui faisait le confort moderne.

En l'An Vingt, le monde d'avant la grippe devient de plus en plus une légende urbaine. Ceux qui l'ont connu le raconte aux nouvelles générations. Le paysage a changé, la nature a repris ses …

Ecoutez nos défaites, Laurent Gaudé

Ed. Actes Sud, août 2016, 256 pages, 20 euros.

"Corps, souviens-toi..." 

Ecoutez nos défaites est le roman des vaincus. Non pas ceux qui ont perdus la guerre, mais ceux qui sont à l'origine des victoires. Certes, ils ont gagné des combats, ont mené leur peuple vers les hourras, mais aux fond d'eux-même, la joie n'a pas de place. L'amertume les submerge, les noie presque. En se retournant, ces généraux, ces hommes de l'ombre, ces empereurs, contemplent des charniers.
La victoire, oui, mais à quel prix ? Comment se regarder dans le miroir alors qu'on n'arrive plus à soutenir l'image qu'on renvoie. Comment continuer  à se donner le droit d'aimer alors qu'on se déteste ?

Laurent Gaudé excelle dans le roman choral, c'est donc tout naturellement qu'il donne la parole à des personnages historiques tels le Général Grant, Haïlé Sélassié, Hannibal, ainsi qu'à un personnage de l'ombre, un agent secret, acteurs et témoins de tan…

A part ça (15) Muse, Jonathan Galassi

Ed. Fayard, traduit de l'anglais par Anne Damour , août 2016, 272 pages, 20.90 euros.

La littérature inspire. Elle est une passerelle, un fil d'Ariane...


Ida Perkins est une poétesse célèbre dont les apparitions au compte-goutte déchaînent les passions et dont  la vie amoureuse est un sujet de conversation intarissable dans le milieu littéraire. D'ailleurs, en exergue du livre, des vers de la star. Dès lors, la lectrice lambda que je suis, assez mal informée en poésie, se demande si Ida Perkins a bel et bien existé. Au fil des pages, Jonathan Galassi me fait croire que oui, m'invitant à entrer dans son oeuvre.
Puis le bas blesse : depuis quand une poétesse vend autant d'opus ? Malheureusement, la poésie n'a jamais été un genre qui fait vendre. Dans Muse, deux maisons d'édition se battent pour conserver ou récupérer les droits de l'idole. L'avoir dans son catalogue est non seulement source de revenus mais aussi preuve de goût.

Ida Perkins est LA figur…

The Girls, Emma Cline

Ed. Quai Voltaire, août 2016, traduit de l'anglais (USA) par Jean Esch,  336 pages, 21 euros

"Tu es là"

Quand on a quatorze ans, que votre meilleure amie vous rejette, que votre père est parti vivre avec sa maîtresse, et que votre mère tente d'apaiser son chagrin en s'investissant dans de nouvelles habitudes de vie New Age, rien ne va plus. Et si en plus, il ne vous reste plus que deux mois d'été pour profiter pleinement de votre liberté avant l'internat et la tête dans les bouquins, on sent qu'il est temps de vivre, d'accumuler le plus vite possible le maximum d'expériences inédites qui vous permettront par la suite de mieux supporter ce qui vous attend.
Evie Boyd est une adolescente souvent en retrait, privilégiant l'observation aux actes. Lors d'un après-midi de désœuvrement au parc municipal, elle s'attarde sur les agissement d'un groupe de trois jeunes femmes. Nous sommes dans les années 60, en Californie, et il n'est …

RUE DES ALBUMS (117) Où es-tu ? Benoît Broyart et Violaine Leroy

Ed. Seuil Jeunesse, septembre 2016, 40 pages, 13.90 euros.


Luc est bûcheron. Il part le matin travailler et laisse seul son fils Jacques. Ce dernier a l'habitude de la solitude, mais quand l'heure du retour de son père arrive et qu'il n'est toujours pas là, Luc s'impatiente. Pourquoi papa est en retard ? Doit-il quitter la petite maison à la lisière de la forêt et partir à sa recherche ? Pourtant papa lui a interdit de quitter les lieux sous aucun prétexte, en plus la nuit va tomber !

Sauf que Luc a passé la journée seul ; maintenant lui importe seulement de serrer Jacques dans ses bras, et tant pis s'il doit affronter les monstres de la forêt qui rôdent la nuit. Pendant que le petit désobéit et s'enfonce un peu plus dans les bois, Jacques a terminé de couper l'arbre qui l'a tant retardé. De retour chez lui, la maison est vide, c'est la panique : où est Luc ? A son tour, Jacques s'enfonce dans la nuit à la recherche du petit garçon.

La nuit,…

Les Contes défaits, Oscar Lalo

Ed. Belfond, août 2016, 224 pages, 18 euros.

Se libérer

Dans un train rempli d'enfants, le narrateur et son frère sont en route pour le Home. La peur les étreint, les empêche de raisonner. On pourrait croire que le transport les emmène vers l'antichambre des Enfers, comme autrefois les wagons à bestiaux amenaient les juifs en camps. Un détail pourtant nous surprend : ce sont leurs parents qui les ont accompagnés sur le quai de la gare, et ce rituel recommence à chaque vacances..
En fait le Home est une maison de vacances, "un havre chic pour familles aisées" .
"Le home d'enfants était loin de tout. Comme notre wagon. Un état dans l'état. Un non lieu hors les lois du monde. Fort de notre autorisation de sortie de territoire, l'homme nous maintenait désormais dans des territoires dont il maîtrisait les contours".
Dirigé par un couple, les garçons et les filles sont séparés. Tandis que l'homme semble être bienveillant, son épouse est une directr…

Un Singulier garçon, Kate Summerscale

Ed. Christian Bourgois, septembre 2016, traduit de l'anglais par Eric Chedaille , 506 pages,
Sous titre : Le mystère de l'enfant matricide à l'époque victorienne
Titre original : The Wicked Boy


Matricide

C'est l'odeur pestilentielle qui a alertée les voisins de ce quartier populaire d'East London. En ouvrant la porte, on découvre les garçons de la famille, Robert et Nathaniel Coombes, tranquillement en train de jouer aux cartes avec un ami de leur père, John Fox. L'odeur qui provient de l'étage ne semble pas les incommoder.
"Un éditorial dans l'édition du samedi du Stratford Express, plus gros tirage de tous les journaux de West Ham, décrivait le meurtre de Plaistow comme le crime le plus atroce, le plus affreux et le plus révoltant qu'il nous est été donné de rapporter".
Pour certains médias, ce crime est bien la preuve que la race humaine est sur le déclin...

La découverte est affreuse : la maman des enfants gît dans son lit, morte dep…

La Dernière Métamorphose, Hirano Keiichirô

Ed. Philippe Picquier, collection poche, traduit du japonais par Corinne Atlan, septembre 2014, 172 pages, 8 euros.
Titre original : Saigo no henshin


Exister


Le narrateur, bien intégré dans sa vie professionnelle et sociale, décide un matin de ne pas se lever et de devenir comme le héros de la Métamorphose de Kafka, un cancrelat, aux yeux des siens et de la société.
"L'élément déclencheur ? ... Rien de spécial. J'étais fatigué, je crois. J'avais un perdu confiance en moi. En tout cas, j'étais surmené".
Pour l'instant, sa situation n'est qu'une réclusion volontaire. Il est un hikikomori aux yeux de ses parents qui l'hébergent, et de ses collègues. Il va lui falloir un peu plus de temps pour que le changement physique fasse effet. Pourtant, le narrateur est loin d'être un individu dérangé. Il pose un regard lucide et acéré sur le monde qui l'entoure, et malgré son jeune âge, il fait preuve d'un recul considérable.
Ce qu'il recherch…

Le Jardin arc-en-ciel, Ito Ogawa

Ed. Picquier, août 2016, traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako, 304 pages, 19.50 euros.

Ohana

C'est l'histoire d'une fugue amoureuse.
Chiyoko, fille de bonne famille, est sur le point de sauter d'un pont car ses parents n'acceptent pas son homosexualité. Elle est sauvée par Izumi, jeune maman en instance de divorce, déjà usée par la vie.
C'est le coup de foudre. Elles décident de vivre ailleurs pour jouir pleinement de leur amour.
"- Ce que tu me proposes, c'est une fugue amoureuse ? 
(...)
Le temps où l'amour vous fait accepter l'autre dans son entier est limité.
Mais quelque part au plus profond de moi, cela m'a fait rêver. S'il m'était donné de vivre ainsi, comme je serais heureuse !"
Avec Osuke, le petit garçon d'Izumi, elles s'installent à la campagne, près des champs de rizières, dans un endroit qu'elles surnomment le Machu Picchu, tant il ressemble à la merveille péruvienne. Là, le couple retape une vieille …

Et la vie nous emportera, David Treuer

Ed. Albin Michel, collection Terres d'Amérique, traduit de l'anglais par Michel Lederer, août 2016, 336 pages, 22 euros.
Titre original : Prudence


"Je remplis juste mon rôle"

Minnesota; août 1942. Frankie a terminé ses études et s'apprête à rejoindre l'armée de l'air dans le conflit mondial. Avant, il rejoint une dernière fois ses parents dans leur résidence d'été près de la frontière canadienne. Ce n'est ni  pour sa mère, la soucieuse Emma, qui a passée son temps à le couver, ni pour son père, le distant Jonathan, plus préoccupé par sa vie extra conjugal, qu'il est revenu, mais pour revoir Felix, le gardien de la propriété, un vieil Indien taiseux qui l'a pris sous son aile dès l'enfance, mais aussi pour Billy, son meilleur ami, pour qui il éprouve des sentiments très forts.

Les Pins est proche de la frontière canadienne, et un camp de prisonniers allemands a été construit de l'autre côté du lac. Lorsque la nouvelle de la fuite d&#…

Crue, Philippe Forest

Ed. Gallimard, août 2016, 272 pages, 19.50 euros.

Est enim magnum chaos

Entrer dans un roman de Philippe Forest, c'est entrer dans une prose travaillée, ciselée, poussée jusqu'à ses retranchements.
On m'avait prévenue, j'ai plongé.

Parce que sa mère est sur le point de mourir, le narrateur décide de se réinstaller dans sa ville natale, et plus précisément dans un quartier ancien en pleine restructuration. Là, les vieux bâtiments côtoient les structures métalliques qui soutiendront les prochaines tours. Plus loin, on peut observer à ciel ouvert, la plaie béante d'un immeuble qui a succombé à un incendie. Le cimetière, qui marque la délimitation du quartier, témoigne de l'affection du voisinage pour les invisibles : on se croise, on se remarque à peine, on ne se côtoie pas.

Pendant longtemps, le narrateur a cru être seul dans son immeuble depuis que son chat a disparu. Et puis, une mélodie entamée au piano chaque soir à la même heure ébranle ses certitudes. Plus t…

10 : 04, Ben Lerner

Ed. de L'Olivier, août 2016, traduit de l'anglais (USA) par Jakuta Alikavazovic, 270 pages, 19.50 euros.

Le temps est une imposture
Ben, écrivain connu et reconnu après un premier roman remarqué, voit sa petite vie chamboulée par plusieurs événements qui, ironie du sort ou du temps qui passe allez savoir, surviennent tous en même temps. De plus, Ben est dans une période où il se débat dans la Zone, un pays mental où la réalité, la fiction et les souvenirs se confondent. De fait, des images bien précises du passé viennent se coller au présent et à ce qu'il vit, au point de se demander parfois si ce qu'il vit est bien réel...

Ben est dans un entre-deux : il se sent en bonne santé alors qu'on vient de le prévenir que son aorte pouvait exploser à tout moment, une des conséquences possibles du syndrome de Marfan dont il est atteint. Dès lors, il se voit comme un être en sursis, et dans cet état, comment se projeter dans l'avenir alors que sa meilleure amie Alex dési…

Auprès de moi toujours, Kazuo Ishiguro

Ed. Folio Gallimard, réédition février 2015, traduit de l'anglais par Anne Rabinovitch, 448 pages, 8.70 euros.
Titre original : Never Let me go


Never Let me go.... Ce refrain de la chanson de Judy Bridgewater résonne encore dans les oreilles de Kath, la narratrice, la trentaine, accompagnante de personnes malades au Royaume-Uni. Lorsqu'elle entend cette mélodie, c'est toute sa jeunesse qui revient en mémoire, et avec elle, les vieilles interrogations sur le sens à donner son existence.

Car Ruth et ses amis n'ont pas eu une enfance banale. Ils ont grandi dans l'institution d'Hailsham, une vieille bâtisse victorienne perdue dans la campagne anglaise. Là, aucune trace éventuelle de parents venant leur rendre visite de temps en temps, ou leur écrivant, mais des gardiens les surveillant de loin en loin, et des professeurs veillant à exploiter leurs qualités artistiques et à tester leurs aptitudes intellectuelles.
Dans cette institution, les enfants sont répartis en J…

L'Heure de plomb, Bruce Holbert

Ed. Gallmeister, traduit de l'anglais (USA) par François Happe, août 2016, 376 pages, 24 euros.


"On est comme un pays sans histoire"

Hiver 1918. Les jumeaux Luke et Matt sortent de l'école et sont surpris par le blizzard en plein chemin. Ils font demi-tour et se réfugient auprès de leur maîtresse, Linda. Il est trop tard, Luke ne survit pas.
"Les heures qui avaient emportées son père et son frère, et qui avaient livrées Matt à une femme adulte avant qu'il en ait l'âge - il apparaissait à sa conscience que les premières constituaient le châtiment des suivantes, et que son père, son frère et sa mère étaient les victimes innocentes du coup porté à l'aveuglette par un dieu courroucé - l'oppressaient comme une nuit polaire longue de six mois. Pourtant, Matt ne trouvait rien à reprocher au pays qui était à l'origine de ses tragédies".
Pendant ce temps, leur père, lui aussi, disparaît dans la nature alors qu'il recherchait ses fils. Ainsi Mat…

RUE DES ALBUMS (116) Pierre et la Sorcière, Gilles Bizouerne et Roland Garrigue

Ed. Didier Jeunesse, collection A Petits Petons, mai 2016, 40 pages, 11.95 euros



La trame du conte est connue : une ogresse enlève par deux fois un enfant qui réussit à s'échapper par ruse pour finalement infliger à son futur bourreau le supplice qu'il devait subir. Néanmoins, les variantes sont nombreuses...

"Ne t'approche jamais de la forêt, sinon la sorcière t'attrapera et te mangera!"
Alors tous les enfants du village ont peur du monstre au nez crochu, tous sauf un, Pierre, un enfant intrépide, toujours en route, et pas le dernier pour impressionner ses camarades. Une sorcière, c'est vieux, donc pas de quoi avoir peur !
Le voilà donc parti sur les sentiers, s'enfonçant un peu plus dans les bois, dans l'espoir de rencontrer celle qui fait frémir les petits. Il la provoque, mais en faisant jouer la corde sensible, elle réussit à l'attraper. Pierre est bien embêté maintenant qu'il est enfermé dans un sac, tout cela à cause d'une histoi…

L'Insouciance, Karine Tuil

Ed. Gallimard, août 2016, 528 pages, 22 euros.


L'histoire d'amour entre Romain et Marion aurait pu être une simple histoire d'adultère entre une femme mariée à un homme très riche mais se sentant désespérément seule, et un soldat revenant d'une mission militaire de six mois et s'apercevant que la vie de famille n'est plus pour lui.
"Non, plus rien ne le calmait à part peut-être la perspective de retrouver son fils de trois ans, Tommy, et le serrer dans ses bras. Il était moins enthousiaste à l'idée de revoir sa femme, Agnès, après ces longs mois aux cours desquels il avait parfois l'impression de l'avoir oubliée, quand la nécessité de rester ancrer dans le réel afghan s'imposait avec violence et qu'il lui fallait rompre les liens avec la France, sa famille, tout ce qui le rattachait à l'émotion et qu'il devait fuir pour ne pas s'affaiblir".
Sauf que.
Sauf que les personnages de Karine Tuil se collent à l'actualité da…

Les Règles d'usage, Joyce Maynard

Ed. Philippe Rey, septembre 2016, Traduit de l'anglais (USA) par Isabelle D. Philippe, 475 pages, 22 euros.
Titre original : The Usuals Rules

Et après ?
Que se passe-t-il du côté de ceux qui ont perdus un être cher lors des attentats des Twin Towers le 11 septembre 2001 ? Dans son dernier roman, Joyce Maynard met en scène une famille recomposée qui vient de perdre le pilier, Janet, la maman de Louie, quatre ans, de Wendy treize ans, et épouse de Josh. Janet avait abandonné ses rêves de comédies musicales à Broadway pour un emploi plus sécurisant de secrétaire. Elle a épousé Josh en secondes noces, après avoir élevé seule Wendy jusqu'à ses sept ans, puisque son premier compagnon, Garrett, et père de la petite, était incapable à l'époque de prendre ses responsabilités.  Puis, Louie est arrivé, pour le bonheur de tous. Josh est un vrai père de substitution pour Wendy, qui arrive dans la période délicate de l'adolescence. Avec Janet, ils ont établi des règles d'usage q…