Glow, Ned Beauman

Ed. Joelle Losfeld, janvier 2017, traduit de l'anglais (GB) par Catherine Richard-Mas, 305 pages, 22 euros.

Glow est une fiction tentaculaire, impossible à résumer tant par sa complexité, son originalité, et ses personnages border-line.

Au centre de Glow, Raf, un jeune homme dont le boulot principal est de promener un chien censé surveiller l'antenne d'une radio-pirate. Raf  aperçoit régulièrement des renards se balader en ville, et son cycle quotidien est de vingt-cinq heures au lieu de vingt-quatre, ce qui le met constamment en décalage avec les autres.
Raf et son pote Isaac sont de grands consommateurs de psychotropes en tout genres. Isaac pense que "le commerce de la drogue est la première mondialisation émotionnelle".

Depuis quelques temps, on raconte qu'un nouveau produit, le glow, concentre à lui seul toutes les sensations des autres drogues. Pourtant, il a beau écumer les rave parties et en organiser quelques unes d'ailleurs dans les immeubles désaffectés de Londres, jamais il n'a eu l'occasion de faire la connaissance de ce qui semble, à ses yeux, être un produit miracle.

Une petite amie américaine d'origine birmane, Sherish, qui cache bien son jeu, des camionnettes blanches qui kidnappent des inconnus, une mystérieuse multinationale Lacebark aux ramifications étonnantes, des hangars faussement désaffectés où les services secrets tentent d'anticiper les exploits des créateurs de psychotropes, bref l'imagination de Ned Beauman n'a pas de limites.
Pour pouvoir apprécier le roman, mieux vaut le lire par petites parties pour en éviter l'overdose, tant le récit est prolifique et favorise la superposition des histoires.

Second roman de l'auteur, Glow est avant tout une aventure fictionnelle à laquelle l'écrivain doit s'accrocher. Il est dans la continuité d'esprit du premier livre, L'accident de téléportation (Joelle Losfeld, 2015) aussi déroutant et novateur.