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Affichage des articles du février, 2017

Adolphe a disparu, Eric Metzger

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Ed. Gallimard, collection L'Arpenteur, février 2017, 144 pages, 12 euros.


C'était la bonne action après la mauvaise journée que le narrateur venait de passer : aider sa mère à retrouver un chat perdu dans le bois de Boulogne, en pleine chaleur de l'été."Lorsqu'elle a bégayé au téléphone 'Adolphe a disparu', je n'ai pas compris. J'ai d'abord cherché si je ne connaissais pas un Adolphe, du genre oncle lointain, voisin, ami d'ami, mais non, rien. Alors, d'une voix mal assurée, j'ai demandé : 'C'est qui Adolphe' ? - Un de mes chats du bois ! " 

Jules a très mal commencé sa journée : Lola l'a quitté car elle l'aime, mais n'est plus amoureuse ; c'est à ne plus rien n'y comprendre. Alors qu'il est en train de ruminer sur sa vie, il reçoit un appel catastrophé de sa mère Elise qui crie au téléphone que Adolphe a disparu ! Appeler un chat Adolphe, c'est bizarre ? Non, car il est tout blanc avec une …

La Vie rêvée de Virginia Fly, Angela Huth

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Ed. Quai Voltaire, février 2017, traduit de l'anglais (GB) par Anouk Neuhoff, 224 pages, 21 euros.
Titre original : Virginia Fly is Drowning



Virginia Fly a un problème, enfin c'est un problème pour elle : à trente et un ans elle est toujours vierge ! Quand rencontrera-t-elle enfin le mystérieux moustachu qui hante ses rêves érotiques ? Virginia Fly est maîtresse d'école et vit encore chez ses parents dont elle est la fille unique chérie. Elle rêve d'amour et de nuits endiablées ou plutôt non elle rêve d'amour et de culbutes dans les champs avec un beau moustachu qui mettrait enfin un terme à sa virginité. A défaut, elle entretient une correspondance depuis plus de douze ans avec un américain qui semble lui correspondre, et plus proche de chez elle, elle sort tous les mois avec un professeur de musique qui l'emmène à des concerts. Elle sort certes, mais en tout bien tout honneur ! "Pourquoi,  se demandait Virginia, était-elle le genre de fille, à qui les gens…

Exergue (4)

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Décalé ou prophétique, l'exergue est la citation qui annonce le roman que vous allez lire. Et souvent, ce fragment littéraire est un petit bijou en soi...
Exergue de Ouragan de Laurent Gaudé (Actes Sud)


LE VILLAGE (5) Cauchemar

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Chaque mois, je vous invite à découvrir un texte inédit.
1.
Encore une fois, elle n’avait pas dormi de la nuit. C’était devenu une habitude depuis la catastrophe. Après le stress et l’anxiété essentiellement dus à la désinformation et aux folles rumeurs – son voisin ne lui avait-il pas raconté qu’il connaissait quelqu’un qui avait vu, oui vu, des torches humaines courir en tous sens dans le village deux heures après l’événement ! – elle avait repris sa routine quotidienne car c’est ce qui la rassurait le plus. Mais la nuit, le bruit des moteurs des camions brisait et scandait le silence. On les entendait venir de loin, forcément, et les remorques semblaient pousser des cris lorsque les véhicules passaient sur des nids de poule. On aurait dit les bruits que font les tôles des granges des fermes voisines lorsqu’une tempête s’abat. Avec le recul, un gros coup de vent était plus rassurant ; c’était un phénomène naturel qui aurait forcément une fin, sauf que là, les camions venaient chaque nu…

Un ange brûle, Tawni O'Dell

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Ed. Belfond, traduit de l'anglais (USA) par Bernard Chen, février 2017, 352 pages, 21 euros.
Titre original : Angels burning


Dove Carnahan, chef de police, mène une enquête difficile dans un milieu qu'elle ne connaît que trop bien et qui ravive un lourd secret. "J'avance prudemment sur cette terre brûlée, conscient du péril qui bouillonne dessous, tandis que derrière moi Nolan la foule avec agressivité, la mettant au défi de céder. A l’épicentre du feu couvant, une dizaine de fractures fumantes ont déchiré la surface. Des arbres morts sont tombés ici et là ; leurs racines mises à nu me rappellent les pattes entremêlées des araignées desséchées que Neely et moi trouvions jadis sur le parquet de notre grenier. Dans l'une de ces crevasse surchauffées, quelqu'un a fourré une fille assassinée." Dans ce décor apocalyptique, on retrouve le corps a moitié calciné de Camio Truly, jeune adolescente de seize ans, issue d'une famille ou plutôt d'un clan plus c…

Robyn Silver contre les créatures de la nuit, Paula Harrison

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Ed. Seuil Jeunesse, janvier 2017, traduit de l'anglais (GB) par Axelle Demoulin et Nicolas Ancion, 320 pages, 12.90 euros.
Illustrations de Alban Marilleau
Titre original : Robyn Silver and the Midnight Chimes



Robyn Silver a la sensation fâcheuse d'être transparente aux yeux des autres. Entre la routine de l'école et la vie à la maison au milieu des cris et des corvées rien ne va plus...

Sauf qu'un soir, alors que sa mère s'affaire en cuisine et que ses soeurs se chamaillent, Robyn aperçoit une étrange créature piquante et agressive . Ce phénomène la perturbe d'autant plus qu'elle est la seule à la voir se mouvoir dans les pièces et à l'affronter. Devient-elle folle ?

Ces hallucinations arrivent à la même période que le déménagement des locaux scolaires. Pour une raison inexpliquée des arbres ont brisé la toiture du bâtiment de l'école. Pour Robyn, cet événement signifie vacances, sauf qu'une étrange dame, Mademoiselle Smiting propose aux profess…

Les Parapluies d'Erik Satie, Stéphanie Kalfon

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Ed. Joëlle Losfeld, février 2017, 211 pages, 18 euros.

Trop précoce pour les uns, pas assez de talent pour les autres, en tout cas le talent d'Erik Satie ne fut pas reconnu de son vivant. Pourtant, il fut un précurseur et une personnalité à part. Quand on est musicien de profession, on est censé vivre de sa musique. Or, même s'il a obtenu les diplômes adéquats, Erik Satie n'a jamais vraiment bien réussi à vivre de sa musique. Jouer celle des autres l'ennuie au plus haut point, et composer en respectant les notes aussi. Lui, ce qu'il veut, c'est inventer , c'est bousculer les règles, et s'il faut d'autres formes de partitions, pourquoi pas ?
Depuis tout petit, Satie est un être à part. la mort de sa soeur au berceau puis peu après de sa mère ont eu raison de sa stabilité familiale. Ballotté entre ses grands-parents et son père qui a refait sa vie, Satie se sent de trop. Sa révolte, il l'exprime en se faisant renvoyer du Conservatoire de Paris. Ses…

L' Hiver dernier, je me suis séparé de toi, Nakamura Fuminori

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Ed. Picquier, février 2017, traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako, 192 pages, 17.50 euros.
Titre original : Kyonen no Fuyu, Kimi to Wakare

Troisième roman traduit de l'auteur, après Pickpocket et Revolver, et certainement le plus déroutant par son intrigue et l'ambiance malsaine qui s'en dégagent. Du fond de sa cellule,  le photographe Kiharazaka Katani écrit à sa sœur Akari. Il est condamné à mort pour le meurtre de deux femmes dont il a brûlé les corps. Pourtant, il ne cherche pas à se déculpabiliser, car il se sent "une coquille vide " incapable d'émotion et d'empathie. "Tu te souviens de la première fois où j'ai eu un appareil photo ?Du point de vue de l'ordre social, c'était peut-être la pire des rencontres. Un appareil photo et moi. Mais, pour moi, cet appareil photo, c'était tout. Au pied de la lettre, absolument tout. Parce qu'à travers l'objectif, je me connectais au monde".

Dans le même temps, un journaliste …

Exergue (3)

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Décalé ou prophétique, l'exergue est la citation qui annonce le roman que vous allez lire. Et souvent, ce fragment littéraire est un petit bijou en soi...Exergue de Yaak Valley, Montana de Smith Henderson


Exergue (2)

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Décalé ou prophétique, l'exergue est la citation qui annonce le roman que vous allez lire. Et souvent, ce fragment littéraire est un petit bijou en soi...
Exergue deDes Souvenirs américains, Michael Collins (Bourgois)


Le Jeu du siècle, Kenzaburo Oé

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Ed. Gallimard, collection l'Imaginaire, traduit du japonais par René de Ceccatti et Ryoji Nakamura, février 2017, 462 pages, 12.50 euros


Mitsu et son épouse Natsuko partent rejoindre Takashi, le frère de Mitsu qui s'est installé dans la maison familiale au fin fond de la vallée. Ce séjour va vite prendre des proportions insoupçonnées qui seront pour les protagonistes des moments de vérité sur leurs vies respectives.

Pour Mitsu, c'en est trop : son meilleur ami vient de se pendre dans une mise en scène à la fois macabre et burlesque, son épouse Natsuko noie son chagrin d'avoir enfanté un enfant idiot dans le whisky, et lui-même s'en veut énormément de ne pas pouvoir assumer le handicap de son bébé.
"Mais la raison pour laquelle nous avions abandonné le bébé à l'hôpital était précisément la crainte que notre dégoût devant cette chose désespérante ne nous achevât nous-mêmes. Notre acte était impossible à défendre. Si jamais le bébé, une fois mort, revenait comm…

A part ça (20) Un Fils parfait, Mathieu Menegaux

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Ed. Grasset, février 2017, 240 pages, 17.50 euros.

La littérature inspire. Elle est une passerelle, un fil d'Ariane...
Inspirée d'une histoire vraie, Mathieu Ménégaux raconte le calvaire d'une mère qui veut que justice soit faite.
Un Fils parfait est un roman raconté à la première personne. Daphné, désormais loin de tout, vivant en cachette avec ses deux filles, écrit une longue lettre à sa belle-mère Elise pour lui raconter SA vérité. Tout de suite, on sent que le dénouement de l'histoire entre Maxime et Daphné a été terrible. Pourtant, tout avait bien commencé pour les deux tourtereaux issus de bonnes familles bourgeoises. Maxime avait les traits de l'amant et du futur époux idéal, puis a endossé avec brio celui de père attentif et disponible. Cela tombait bien car Daphné voulait de nouveau prendre soin de sa carrière, et quand on est mère de deux enfants en bas âge, tout est toujours plus compliqué. Entre les lignes, on sent que la parité en entreprise n'est qu…

RUE DES ALBUMS (128) Clair comme lune, Sandra V.Feder et Aimée Sicuro

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Ed. Didier Jeunesse, Février 2017, 32 pages, 13.9 euros.


Le soir venu, la maison de Lola ressemble au château de Versailles car toutes les lumières sont allumées. C'est le seul moyen que la petite fille a trouvé pour chasser sa peur du noir.
Le soleil est source de réconfort, de chaleur, de vie, alors que dans le noir, tout se transforme.
"J'aime le soleil, dit Lola. Et le jaune, c'est ma couleur préférée. Mais maintenant c'est déjà la nuit". Or, cette fois-ci maman refuse de lui prendre la main pour l'accompagner dans son rituel de lumières. Elle l'emmène dehors alors que la nuit est tombée.
"Qu'est-ce que tu vois dans le ciel, dis-moi ?" lui demande maman. Malgré les ombres dans le jardin et le soleil disparu, la main de maman reste réconfortante. Alors, Lola prend le temps de regarder. Elle distingue la lune, les lucioles qui brillent autant que l'astre solaire. Et puis ce calme qui change tellement des rumeurs de la journée !
Sur …

Je m'appelle Nathan Lucius, Mark Winkler

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Ed. Métailié, février 2017, traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Céline Schawaller, 200 pages, 20 euros.
Titre original :Wasted

La journée type de Nathan Lucius ressemble à celle de la veille, de l'avant veille et sera la même que celle du lendemain. Car Nathan a horreur des changements comme il déteste les souvenirs ou les inconnus qui l'abordent. Mais qui est vraiment Nathan Lucius ?"Je dors avec la lumière allumée. Je mange quand j'ai faim. Je fais la vaisselle seulement quand il n'y en plus de propre. Il y a du bazar partout. C'est mon bazar. Ce bazar est logique à mes yeux. J'ai ma famille collée au mur. Je ne peux rien expliquer à personne. Je n'y suis pas obligé. C'est mon dernier refuge sur Terre".
Quand il se sent oppressé, comprenez lorsqu'un petit grain de sable vient enrayer le déroulement de son quotidien quasi immuable, Nathan Lucius part courir pour se vider la tête. Il court sûrement longtemps, c'est enfin ce qu…

Attachement féroce, Vivian Gornick

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Ed. Rivages, février 2017, traduit de l'anglais (USA) par Laëtitia Devaux, 221 pages, 20 euros.
Titre original : Fierce attachments

Amour et haine, deux sentiments antithétiques et pourtant si ressemblants par leur puissance et leur singularité.
"Je n'ai pas de bonnes relations avec ma mère et, à mesure que nos vies avancent, il semblerait que ça empire. Nous sommes toutes deux prisonnières d'un étroit tunnel intime, passionné, et aliénant. Parfois, pendant plusieurs années, l'épuisement prédomine, et il y aune sorte de trêve entre nous. Puis la colère resurgit, brûlante et limpide, érotique tant elle force l'attention".
Pour la mère de Vivian Gornick, la vie s'est arrêtée quand son mari est mort. Elle, qui avait déjà un regard aiguisé sur le monde en général et ses voisins de palier en particulier, est devenue de plus en plus férocement attachée à sa fille unique.
Leur relation est un sempiternel "je t'aime, moi non plus", je t'aime m…

Exergue (1)

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Décalé ou prophétique, l'exergue est la citation qui annonce le roman que vous allez lire. Et souvent, ce fragment littéraire est un petit bijou en soi... Exergue de Murmures dans un mégaphone de Rachel Elliott (Ed. Rivages)



PAUSE

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DE RETOUR EN FORME AVEC DE NOUVELLES LECTURES LUNDI 13 FEVRIER !

La Nuit des trente, Eric Metzger

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Ed. Folio Gallimard, janvier 2017, 128 pages, 5.40 euros.


Trente ans, c'est un cap, et Felix est bien décidé à passer une nuit blanche. Felix n'a pas prévenu ses collègues que c'est son anniversaire aujourd'hui. Il a décidé de vivre ce jour intimement, sans que des "presque" inconnus lui souhaitent à tout va un joyeux anniversaire. Pour fêter l'événement, il suit ses compagnons de travail au café puis  en boîte. Mais il a surtout l'intention de se saouler à coup de vodka glaçon, boisson qui lui procure à chaque fois une étrange réaction physique.  "Sa vodka. Le glaçon a pratiquement fondu. Température idéale. Première gorgée. Aussitôt son corps réagit. Dans un spasme, sa tête penche sur le côté, il grimace, puis tout rentre dans l'ordre. Ça fait du bien. Depuis le temps qu'il boit de la vodka, toujours ce spasme, comme un toc". En plus, il a toute la nuit, il est libre comme l'air : personne ne semble l'attendre en son logis, e…

Les extraordinaires aventures du géant Atlas, Denis Baronnet

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Ed. Actes Sud Junior, février 2017, 96 pages, 6.90 euros.


Il a fallu quelques milliers d'années pour que le géant Atlas sente l'entourloupette qui s'est jouée contre lui. Il a dû lâcher le ciel tellement la fesse lui grattait, et pourtant il ne s'est rien passé, rien ne s'est pas effondré.
Depuis que Zeus l'avait condamné à porter le ciel sur ses épaules, Atlas, consciencieusement, portait le poids du monde. Même quand il recevait la visite d'Hercule ou de Persée, il n'a jamais lâché son fardeau.
"Là on fait reposer sur les épaules du géant une énorme charpente de bois qui porte deux larges colonnes qui montent infiniment vers le ciel et le tiennent. Imaginez le choc, le poids, le harnais qu'on a fait construire tout exprès qui s'enfonce dans la chair, le souffle qui se coupe".
Il faut dire qu'Atlas est un dieu un peu bête et naïf. Malgré sa taille imposante, il obéit au doigt et à l’œil à Zeus pourtant bien plus petit que lui. Lors…